L'EXPANSION ANDITE EN ORIENT
L'ASIE est le berceau de la race humaine. Ce fut sur une péninsule du sud de ce continent que naquirent Andon et Fonta. Dans les hautes terres de ce qui est maintenant l'Afganistan, leur descendant Badonan fonda un centre primitif de culture qui subsista plus d'un demi-million d'années. C'est là dans ce foyer oriental de la race humaine, que les peuplades Sangik se différencièrent de la souche andonique, et l'Asie fut leur premier foyer, leur premier terrain de chasse, leur premier champ de bataille. L'Asie du sud-ouest vit passer les civilisations successives des Dalamatiens, des Nodites, des Adamites, et des Andites; les potentiels de la civilisation moderne se répandirent sur le monde en partant de ces régions.
1. LES ANDITES DU TURKESTAN
Pendant près de vingt-cinq mille ans, presque jusqu'à l'an 2.000 avant J.C., les Andites furent prépondérants au coeur de l'Eurasie, bien que leur influence allât en diminuant. Dans les basses terres du Turkestan, les Andites tournèrent à l'ouest autour des lacs intérieurs vers l'Europe; ils s'infiltrèrent aussi vers l'est en partant des hautes terres de cette région. Le Turkestan oriental (Sinkiang), et à un moindre degré le Thibet, furent les anciennes portes par lesquelles ces peuplades de Mésopotamie pénétrèrent dans les montagnes conduisant vers les plaines nordiques des hommes jaunes. L'infiltration andite de l'Inde partit des plateaux du Turkestan vers le Punjab, et des pâturages de l'Iran à travers le Béloutchistan. Ces migrations primitives n'étaient nullement des conquêtes; elles représentaient plutôt le courant continuel des tribus andites s'infiltrant dans les Indes Occidentales et en Chine.
Pendant près de quinze mille ans, des centres de culture mixte andite subsistèrent dans le bassin du fleuve Tarim au Sinkiang, et au sud sur les plateaux du Thibet, où les Andites et les Andonites s'étaient largement mêlés. La vallée du Tarim était le poste oriental le plus avancé de la véritable culture des Andites. Ils y établirent leurs colonies et entrèrent en relations commerciales d'une part à l'est avec les Chinois progressifs, et d'autre part au nord avec les Andonites. A cette époque, la région du Tarim était fertile et les pluies y étaient abondantes. À l'est du Gobi, il y avait des savanes où les éleveurs de troupeaux se transformèrent graduellement en agriculteurs. Cette civilisation périt quand les vents de pluie changèrent et vinrent du sud-est, mais en son temps elle rivalisa même avec celle de la Mésopotamie.
Vers l'an 8.000 avant J.C., l'aridité lentement croissante des hauts plateaux de l'Asie centrale commença à chasser les Andites vers les fonds de vallées et les côtes maritimes. Non seulement la sécheresse les poussa vers les vallées du Nil, de l'Euphrate, de l'Indus, et du Fleuve Jaune, mais elle provoqua un nouveau développement de la civilisation andite. Les commerçants apparurent en grand nombre et formèrent une nouvelle classe d'hommes.
Quand les conditions climatiques leur rendirent la chasse peu profitable, les Andites migrateurs ne suivirent pas la ligne de conduite évolutionnaire des anciennes races en élevant des troupeaux. Le commerce et la vie citadine firent leur apparition. Depuis l'Égypte, la Mésopotamie, et le Turkestan, jusqu'aux fleuves de Chine et des Indes, les tribus les plus civilisées commencèrent à se rassembler dans des villes consacrées à l'industrie et au commerce. Adonia, située près de la ville actuelle d'Ashkabad, devint la métropole commerciale de l'Asie centrale. Par voie de terre et par voie d'eau, le commerce des pierres, des métaux, du bois, et de la poterie fut accéléré.
La sécheresse toujours croissante provoqua graduellement le grand exode andite du sud et de l'est de la Mer Caspienne. Le flux de la migration vers le nord s'inversa vers le sud, et les cavaliers de Babylone commencèrent à envahir la Mésopotamie.
L'aridité croissante de l'Asie centrale agit à son tour pour réduire la population et la rendre moins belliqueuse. Quand la décroissance des pluies au nord obligea le Andonites nomades à s'orienter vers le sud, les Andites partirent du Turkestan en un prodigieux exode. Ce fut la pénétration finale des peuplades dites Aryennes dans le Levant et dans les Indes. Elle marqua l'apogée de la longue dispersion des descendants mixtes d'Adam au cours de laquelle tous les peuples asiatiques et la plupart des peuplades insulaires du Pacifique furent améliorés dans une certaine mesure par ces races supérieures.
Ainsi, tandis qu'ils se dispersaient sur l'hémisphère oriental, les Andites furent dépossédés de leur pays natal de Mésopotamie et du Turkestan, car ce fut ce vaste déplacement des Andonites vers le sud qui dilua la présence des Andites en Asie centrale presque au point de les faire disparaître.
Même au XXième siècle après le Christ, on trouve des traces de sang andite parmi les Touraniens et les Thibétains, ainsi qu'en témoignent les types blonds que l'on rencontre occasionnellement dans ces régions. Les annales chinoises primitives décrivent la présence de nomades aux cheveux roux au nord des colonies pacifiques du Fleuve Jaune, et il subsiste encore des peintures qui rappellent la présence des deux types Andite-blond et Mongol-brun dans le bassin du Tarim de jadis.
La dernière manifestation du génie militaire maintenant disparu des Andites asiatiques eut lieu en l'an 1200 de l'ère chrétienne lorsque les Mongols, sous le commandement de Gengis Khan, commencèrent la conquête de la majeure partie du continent asiatique. Comme les Andites de jadis, ces guerriers proclamèrent l'existence « d'un seul Dieu dans le ciel ». La dislocation rapide de leur empire retarda longtemps les rapports culturels entre l'Orient et l'Occident et nuisit beaucoup a la croissance du concept monothéiste en Asie.
2. -- LA CONQUÊTE DE L'INDE PAR LES ANDITES
L'Inde est le seul endroit où toutes les races d'Urantia se soient trouvées mêlées, l'invasion andite y ajoutant la dernière souche représentée. Les races Sangik prirent naissance dans les hautes terres du nord-ouest de l'Inde. Des membres de chaque race sans exception pénétrèrent à leurs débuts dans le subcontinent de l'Inde, laissant derrière eux le mélange de races le plus hétérogène qui ait jamais existé sur Urantia. L'Inde ancienne opéra comme une nasse pour les races en migration. La base nord de la péninsule était autrefois un peu plus étroite que maintenant, car une grande partie des deltas de l'Indus et du Gange s'est formée au cours des derniers cinquante mille ans.
Les tout premiers mélanges de races aux Indes consistèrent en une fusion des races migratrices rouge et jaune avec les aborigènes andonites. Plus tard, ce groupe fut affaibli par l'absorption de la plus grande portion des peuplades vertes orientales maintenant éteintes; il fut ensuite légèrement amélioré par une admission limitée d'hommes bleus, mais souffrit extrêmement quand il assimila un grand nombre de membres de la race indigo. Les soi-disant aborigènes de l'Inde ne sont guère représentatifs de ces peuplades primitives; ils en forment plutôt la lisière la plus inférieure au sud et à l'est, qui ne fut jamais complètement absorbée par les Andites primitives ni par leurs cousins Aryens apparus plus tard.
Vers l'an 20.000 avant J.C., la population occidentale de l'Inde s'était déjà imprégnée de sang adamique, et jamais dans l'histoire d'Urantia un peuple quelconque ne combina tant de facteurs raciaux différents. Il est malheureux que les lignées Sangik secondaires aient prédominé, et ce fut une vraie calamité que les hommes bleus et rouges aient été si peu nombreux dans ce creuset racial; s'il y avait eu plus de lignées Sangik primaires, cela aurait beaucoup contribué à rehausser une civilisation qui aurait pu être supérieure. La situation se développait comme suit: les hommes rouges se détruisaient eux-mêmes dans les Amériques, les hommes bleus se répandaient en Europe, et les premiers enfants d'Adam (ainsi que la plupart de leurs descendants) répugnaient à s'unir aux peuples de couleur plus sombre, aussi bien aux Indes qu'en Afrique ou ailleurs.
Vers l'an 15.000 avant J.C., la poussée de la population croissante dans tout le Turkestan et l'Iran provoqua la première émigration de grande envergure vers l'Inde. Pendant plus de quinze siècles, ces peuples supérieurs affluèrent à travers les hautes terres du Béloutchistan, se répandirent dans les vallées de l'Indus et du Gange, et gagnèrent lentement le Deccan au sud. Cette pression andite du nord-ouest chassa nombre de peuplades inférieures du sud et de l'est en Birmanie et en Chine du sud, mais pas suffisamment pour sauver les envahisseurs d'une annihilation raciale.
L'Inde ne réussit pas à asseoir son hégémonie sur l'Eurasie, et son échec fut largement une affaire de topographie. La pression des populations venant du nord ne fit que repousser la majorité des habitants vers le sud, ce qui surpeupla le territoire de plus en plus étroit au Deccan entours de tous côtés par la mer. S'il y avait eu des terres voisines offrant un exutoire à l'émigration, les peuplades inférieures auraient été expulsées dans toutes les directions, et les souches supérieures auraient établi une civilisation plus évoluée.
En fait, les conquérants andites primitifs firent un effort désespéré pour préserver leur identité et endiguer la marée d'engloutissement racial en restreignant rigoureusement les mariages mixtes. Malgré cela, vers l'an 10.000 avant J.C., les Andites avaient été assimilés, mais la masse entière de la population avait été notablement améliorée par cette absorption.
Les mélanges de races sont toujours avantageux en ce sens qu'ils favorisent la variété de talents culturels et assurent les progrès de la civilisation, mais si les éléments inférieurs des souches raciales prédominent, la réussite ne dure pas longtemps. On ne peut préserver une culture polyglotte que si les lignées supérieures se reproduisent avec une marge de sécurité suffisante par rapport aux inférieures. Si les inférieurs se reproduisent sans restrictions alors que les supérieurs limitent leur progénitures, cela conduit infailliblement au suicide de la civilisation culturelle.
Si les conquérants Andites avaient été trois fois plus nombreux qu'ils ne le furent, et s'ils avaient chassé ou détruit le tiers le moins désirable des habitants mêlés d'orangé, de vert, et d'indigo, l'Inde serait devenue l'un des pôles directeurs de la civilisation culturelle; elle aurait alors indubitablement attiré une plus grande partie des vagues d'émigration mésopotamiennes qui affluèrent au Turkestan et se dirigèrent de là vers l'Europe par le nord.
3. -- L'INDE DRAVIDIENNE
Le mélange des conquérants de l'Inde avec les indigènes produisit finalement les peuplades mixtes dites dravidiennes. Les premiers et purs Dravidiens possédaient une grande aptitude aux accomplissements culturels, mais cette qualité s'affaiblit continuellement à mesure que leur hérédité andite s'atténuait progressivement. C'est cela qui sonna le glas de la civilisation indienne il y a près de douze mille ans; mais l'infusion de sang d'Adam, même en petite quantité, provoqua une accélération notable du développement social. Cette race composite produisit immédiatement la civilisation comportant les talents les plus variés de cette époque.
Peu de temps après avoir conquis l'Inde, les Andites dravidiens perdirent leurs attaches raciales et culturelles avec la Mésopotamie, mais les connexions furent rétablies par l'ouverture ultérieure des lignes maritimes et des routes de caravanes. Au cours des dix derniers millénaires, l'Inde n'a jamais entièrement perdu contact à l'ouest avec la Mésopotamie et à l'est avec la Chine, bien que les barrières montagneuses aient grandement favorisé le commerce maritime avec l'Occident.
La culture supérieure et les tendances religieuses des peuples de l'Inde datent des premiers temps de la domination dravidienne; elles sont dues en partie au grand nombre de prêtres séthites qui pénétrèrent aux Indes, tant au cours des premières invasions andites que pendant les invasions aryennes ultérieures. Le fil conducteur du monothéisme traversant l'histoire religieuse de l'Inde part donc des enseignements des Adamites dans le second jardin.
Dès l'an 16.000 avant J .C., une compagnie de cent prêtres séthites pénétra aux Indes et réussit presque à conquérir religieusement la moitié occidentale de ce peuple polyglotte, mais leur religion ne subsista pas. En l'espace de cinq mille ans, leur doctrine de la Trinité du Paradis avait dégénéré pour devenir le symbole trin du dieu du feu.
Toutefois,, pendant plus de sept mille ans et jusqu'à a fin des migrations andites, le statut religieux des habitants de l'Inde fut très supérieur à celui du reste de la terre. À cette époque, l'Inde promettait de produire la civilisation culturelle, religieuse, philosophique, et commerciale la plus avancée du monde. Si les Andites n'avaient pas été complètement submergés par les peuplades du sud, cette destinée se serait probablement réalisée.
Les centres dravidiens de culture étaient situés dans les vallées des fleuves, principalement de l'Indus et du Gange, et dans le Deccan le long des trois grands fleuves qui coulent à travers les Ghâtes Orientales vers la mer. Leurs colonies le long de la côte maritime des Ghâtes Occidentales durent leur importance aux relations par mer avec la Sumérie.
Les Dravidiens furent parmi les premiers peuples à construire des villes et a se lancer à une grande échelle dans les affaires d'importation et d'exportation, tant par voie terrestre que par voie maritime. Dès l'an 7.000 avant J.C., d'importantes caravanes de chameaux faisaient régulièrement le voyage de la lointaine Mésopotamie. Les bateaux dravidiens s'avançaient le long de la côte en traversant la Mer d'Arabie jusqu'aux ports sumériens du Golfe Persique, et s'aventuraient sur les eaux de la Baie du Bengale jusqu'en Indonésie. Les marins et marchands importèrent de Sumérie un alphabet ainsi que l'art d'écrire.
Ces relations commerciales contribuèrent largement à diversifier encore davantage une culture déjà cosmopolite, et provoquèrent très tôt l'apparition de nombreux raffinements et même d'objets de luxe de la vie citadine. Quand les Aryens survenus plus tard entrèrent aux Indes, ils ne reconnurent pas chez les Dravidiens leurs cousins Andites absorbés par les races Sangik, mais ils les trouvèrent fort civilisés. Malgré leurs limitations biologiques, les Dravidiens avaient fondu une civilisation supérieure qui fut largement propagée dans toute l'Inde et survécut au Deccan jusque dans les temps modernes.
4. -- L'INVASION DE L'INDE PAR LES ARYENS
La seconde pénétration andite aux Indes fut l'invasion par les Aryens; elle s'étendit sur une période de cinq cents ans au milieu du troisième millénaire avant le Christ. Cette migration marque l'exode final des Andites hors de leur foyer du Turkestan.
Les premiers centres aryens étaient éparpillés sur la moitié nord de l'Inde, surtout au nord-ouest. Les envahisseurs ne parachevèrent jamais la conquête du pays, et leur négligence causa ultérieurement leur perte. Leur minorité numérique les rendit vulnérables à l'absorption par les Dravidiens du sud, qui envahirent plus tard toute la péninsule à l'exception des provinces himalayennes.
Les Aryens n'exercèrent qu'une très faible action raciale aux Indes, sauf dans les provinces du nord. Au Deccan, leur influence fut culturelle et religieuse plutôt que raciale. La persistance plus prolongée du sang dit Aryen dans l'Inde du nord n'est pas seulement due à ce que les Aryens restèrent en plus grand nombre dans ces régions, mais aussi au fait qu'ils furent renforcés ultérieurement par d'autres conquérants, commerçants, et missionnaires. Jusqu'au premier siècle avant le Christ, il y eut une infiltration continue de sang aryen dans le Punjab, le dernier influx accompagnant les campagnes militaires des Hellènes.
Dans la plaine du Gange, les Aryens et les Dravidiens finirent par se mêler et engendrèrent une haute culture; ce centre fut ultérieurement renforcé par des apports du nord-est venant de Chine.
Aux Indes, de nombreux types d'organisations sociales fleurirent de à autre, allant des systèmes semi-démocratiques des Aryens a des formes et despotiques et monarchiques de gouvernement. Le trait le plus caractéristique de la société fut la persistance des grandes castes sociales instituées par les Aryens dans leur effort pour perpétuer leur identité raciale. Ce système minutieux de castes a été préservé jusqu'à nos jours.
Parmi les grandes castes, toutes sauf la première furent établies au cours d'efforts futiles pour empêcher l'amalgamation raciale des conquérants Aryens avec leurs sujets inférieurs; mais la caste majeure, celle des prêtres-instructeurs, provient des Séthites. Les brahmanes du XXième siècle de l'ère chrétienne sont les descendants culturels en ligne directe des prêtres du second jardin, bien que leurs enseignements diffèrent considérablement de ceux de leurs illustres prédécesseurs.
Quand les Aryens pénétrèrent aux Indes, ils apportèrent avec eux leurs concepts de la Déité tels que ceux-ci avaient été préservés dans les vagues traditions de la religion du second jardin. Mais les prêtres brahmanes ne furent jamais capables de résister à la force vive païenne établie par le soudain contact avec les religions inférieures du Deccan après la disparition raciale des Aryens. La vaste majorité de la population tomba donc dans l'esclavage des superstitions asservissantes de religions inférieures. C'est ainsi que l'Inde ne réussit pas à produire la haute civilisation que les temps plus anciens laissaient entrevoir.
L'éveil spirituel du sixième siècle avant le Christ ne persista pas aux Indes; il s'était graduellement éteint même avant l'invasion musulmane. Toutefois il peut arriver un jour qu'un plus grand Gautama surgisse pour conduire l'Inde à la recherche du Dieu vivant; alors le monde observera l'épanouissement du potentiel culturel d'un peuple aux talents variés resté longtemps inerte sous l'influence engourdissante d'une vision spirituelle non orientée vers le progrès.
La culture repose bien sur une base biologique, mais les castes à elles seules ne purent perpétuer la culture aryenne, car la religion, la vraie, est la source indispensable de l'énergie supérieure qui pousse les hommes à établir une civilisation plus haute fondée sur la fraternité humaine.
5. -- LES HOMMES ROUGES ET LES HOMMES JAUNES
Alors que l'histoire de l'Inde est celle de sa conquête par les Andites et de leur absorption par les peuples évolutionnaires plus anciens, l'histoire de l'Asie orientale est plus spécialement celle des Sangiks primaires, et en particulier celle des hommes rouges, et des hommes jaunes. Ces deux races échappèrent largement au mélange avec les lignées avilies du Néanderthal qui retardèrent considérablement les hommes bleus en Europe; les hommes rouges et jaunes préservèrent ainsi le potentiel supérieur du type Sangik primaire.
Les hommes du Néanderthal étaient répandus sur toute la largeur de l'Eurasie, mais leur aile orientale était la plus contaminée par des lignées animales dégradées. Ces types subhumains furent repoussés vers le sud par le cinquième glacier, la même calotte glaciaire qui bloqua si longtemps la migration des Sangiks vers l'Asie orientale. Quand les hommes rouges se dirigèrent vers le nord-est en contournant les hautes terres de l'Inde, ils trouvèrent l'Asie du nord-est dépourvue de ces types subhumains. Les races rouges s'organisèrent en tribus plus tôt que tous les autres peuples, et elles furent les premières à émigrer du foyer Sangik d'Asie Centrale. Les lignées inférieures du Néanderthal furent détruites ou chassées du continent par les tribus jaunes qui émigrèrent ultérieurement, mais les hommes rouges avaient régné souverainement en Asie orientale pendant près de trois cent mille ans avant l'arrivée des tribus jaunes.
Il y a plus de trois cent mille ans, la masse principale des hommes jaunes entra en Chine en venant du sud par migration le long de la côte maritime. À chaque millénaire, ils pénétrèrent de plus en lus loin à l'intérieur des terres, mais n'établirent pas le contact avec leurs frères thibétains migrateurs avant une époque relativement récente.
La pression de la surpopulation amena la race jaune, qui se déplaçait vers le nord à pénétrer dans les terrains de chasse des hommes rouges. Cet empiètement, doublé d'un antagonisme racial naturel, aboutit à des hostilités croissantes, et c'est ainsi que commença la lutte décisive pour la possession des terres fertiles de l'Asie lointaine.
Le récit de cette bataille millénaire entre les races jaune et rouge est une épopée de l'histoire d'Urantia. Pendant plus de deux cent mille ans, ces deux races supérieures se firent une guerre acharnée et incessante. Au cours des premières batailles, les hommes rouges eurent généralement le dessus; leurs expéditions ravageaient les colonies jaunes. Mais les hommes jaunes étaient de bons élèves dans l'art de la guerre et manifestèrent de bonne heure une aptitude marquée à vivre en paix avec leurs compatriotes. Les Chinois furent les premiers à apprendre que l'union fait la force. Les tribus rouges continuèrent à se battre entre elles et commencèrent bientôt à subir des défaites répétées de la part des implacables agresseurs chinois qui poursuivaient leur marche inexorable vers le nord.
Il y a cent mille ans, les tribus décimées de la race rouge luttaient acculées au mur du dernier glacier polaire en recul. Dès qu'il leur fut possible de passer par l'isthme de Béring, elles ne tardèrent pas à quitter les rives inhospitalières du continent asiatique. Il y a maintenant 85.000 ans que les derniers hommes rouges de race pure sont partis d'Asie, mais leur longue lutte a laissé son empreinte génétique sur la race jaune victorieuse. Les Chinois du nord ainsi que les Sibériens andonites assimilèrent de nombreuses souches rouges et en tirèrent un bénéfice considérable.
Les Indiens d'Amérique du Nord n'entrèrent jamais en contact même avec les descendants andites d'Adam et d'Ève, car ils avaient été dépossédés de leurs terres natales d'Asie environ cinquante mille ans avant l'arrivée d'Adam. Durant l'âge des migrations andites, les lignées rouges pures se répandirent sur l'Amérique du Nord sous forme de tribus nomades de chasseurs pratiquant l'agriculture dans une mesure très limitée. Ces races et groupes culturels restèrent à peu près complètement isolés du reste du monde depuis leur arrivée dans les Amériques jusqu'à la fin du premier millénaire de l'ère chrétienne, où elles furent découvertes par les races blanches d'Europe. Jusque-là les tribus nordiques d'hommes rouges n'avaient jamais vu d'hommes plus proches des blancs que les Esquimaux.
La race jaune et la race rouge sont les deux seules qui aient jamais atteint un haut degré de civilisation en dehors de l'influence des Andites. Le plus ancien centre de culture des Amérindiens fut celui d'Onamonalonton en Californie, mais en l'an 35.000 avant J.C., il avait disparu depuis longtemps. Au Mexique, en Amérique centrale, et dans les montagnes de l'Amérique du Sud, des civilisations plus tardives et plus durables furent fondée par une race a prédominance rouge, mais contenant un mélange considérable d'hommes jaunes, orangés, et bleus.
Ces civilisations furent des produits évolutionnaires des Sangiks, bien qu'un faible apport de sang andite eût atteint le Pérou. À l'exception des Esquimaux en Amérique du Nord et de quelques Andites polynésiens en Amérique du Sud, les peuples de l'hémisphère occidental n'eurent aucun contact avec le reste du monde avant la fin du premier millénaire de l'ère chrétienne. Dans le plan original des Melchizédeks pour améliorer les races d'Urantia, il avait été prévu qu'un million de descendants en ligne directe d'Adam se rendraient dans les Amériques pour rehausser la race rouge.
6. -- L'AURORE DE LA CIVILISATION CHINOISE
Quelque temps après avoir repoussé les hommes rouges en Amérique du Nord, les Chinois chassèrent les Andonites des vallées fluviales d'Asie orientale en les repoussant vers le nord en Sibérie, et vers l'ouest au Turkestan où ils entrèrent bientôt en contact avec la culture supérieure des Andites.
En Birmanie et dans la péninsule d'Indochine, les cultures de l'Inde et de la Chine se mêlèrent pour donner naissance aux civilisations successives de ces régions. La race verte disparue avait persisté dans ces pays plus longtemps que nulle part ailleurs dans le monde.
De nombreuses races différentes habitèrent les îles du Pacifique. En général les îles du sud, qui étaient alors plus grandes, furent envahies par des peuplades ayant un fort pourcentage de sang vert et indigo. Les îles du nord furent occupées par des Andonites, et plus tard par des races comportant une grande proportion de souches jaunes et rouges. Les ancêtres du peuple japonais ne furent pas chassés du continent asiatique avant l'an 12.000 avant J.C.; ils furent délogés par une puissante poussée des tribus chinoises nordiques descendant vers le sud le long de la côte. Leur exode final ne résulta pas tant de la pression de la population que de l'initiative d'un chef qu'ils finirent par considérer comme un personnage divin.
À l'instar des peuples de l'Inde et du Levant, les tribus victorieuses de race jaune établirent leurs premiers centres le long de la mer et en remontant le cours des fleuves. Les colonies côtières eurent ensuite de la difficulté à vivre, car les inondations croissantes et le lit changeant des fleuves rendaient intenables les villes des basses terres.
Il y a vingt mille ans, les ancêtres des Chinois avaient bâti une douzaine de grands centres d'instruction et de culture primitive, spécialement le long du fleuve Jaune et du Yang-Tsé. Ces centres furent bientôt renforcés par un courant constant de peuplades mixtes supérieures venant du Sinkiang et du Thibet. Les émigrants du Thibet vers la vallée du Yang-Tsé ne furent pas aussi nombreux que dans le nord, et les centres thibétains n'étaient pas aussi avancés que ceux du bassin du Tarim, mais les deux mouvements apportèrent une certaine quantité de sang andite vers l'est aux colonies fluviales.
La supériorité de l'ancienne race jaune était due à quatre grands facteurs:
1. Le facteur génétique. Contrairement à leurs cousins bleus d'Europe, les races jaune et rouge avaient toutes deux échappé au mélange avec des souches humaines dégradées. Les Chinois du nord, déjà renforcés par de petits apports des lignées supérieures rouges et andoniques, devaient bientôt bénéficier d'un afflux considérable de sang andite. Les Chinois du sud ne furent pas aussi favorisés sous ce rapport. Ils avaient longtemps souffert d'avoir absorbé trop d'éléments de la race verte, et ils allaient encore être affaiblis plus tard par l'infiltration de nuées de peuplades inférieures chassées des Indes par l'invasion dravidienne-andite. Il y a aujourd'hui en Chine une différence marquée entre les races du nord et celles du sud.
2. Facteur social. La race jaune apprit de bonne heure la valeur de la paix entre compatriotes. Son caractère pacifique lui permit d'accroître sa population au point de répandre sa civilisation parmi des millions d'individus. Entre l'an 25.000 et l'an 5.000 avant J.-C., la masse d'hommes la plus hautement civilisée d'Urantia se trouvait dans le centre et le nord de la Chine. Les hommes jaunes furent les premiers a réaliser une solidarité raciale les premiers à atteindre une civilisation culturelle, sociale, et politique sur une grande échelle.
Les Chinois de l'an 15.000 avant J.-C., étaient agressivement militaristes; ils n'avaient pas été affaiblis par un excès de respect pour le passé; ils formaient un corps compact d'une douzaine de millions d'hommes parlant tous la même langue. Durant cet âge, ils bâtirent une véritable nation, bien plus unie et plus homogène que leurs unions politiques des temps historiques.
3. Facteur spirituel. Durant l'ère des migrations andites, les Chinois comptaient parmi les peuples les plus spiritualistes de la terre. Leur longue adhésion au culte de la Vérité Unique proclamée par Singlangton les maintenait à l'avant-garde de la plupart des autres races. Le stimulant d'une religion progressive et avancée est souvent un facteur décisif du développement culturel. Tandis que l'Inde languissait, la Chine allait de l'avant sous le tonique vivifiant d'une religion dans laquelle la vérité était enchâssée comme Déité suprême.
L'adoration de la vérité provoquait des enquêtes et faisait explorer avec intrépidité les lois de la nature et les potentiels de l'humanité. Il y a six mille ans encore, les Chinois étudiaient toujours avec ardeur et poursuivaient avec dynamisme leur recherche de la vérité.
4. Facteur géographique. La Chine est protégée du sud à l'ouest par des montages et à l'est par l'Océan Pacifique. C'est seulement au nord qu'elle est ouverte aux attaques; or, depuis l'époque des hommes rouges jusqu'à l'arrivée des descendants ultérieurs des Andites, le nord de la Chine ne fut jamais occupé par une race agressive.
Sans les barrières montagneuses et le déclin ultérieur de sa culture spirituelle, la race jaune aurait indubitablement attiré à elle la majeure partie des Andites émigrant du Turkestan et aurait incontestablement dominé rapidement la civilisation du monde.
7. -- LES ANDITES PÉNÈTRENT EN CHINE
Il y a environ quinze mille ans, les Andites franchirent en nombre considérable le col de Ti Tao et se répandirent dans la vallée supérieure du Fleuve Jaune parmi les peuplades chinoises du Kaons. Bientôt ils pénétrèrent à l'est dans le Honan ou se trouvaient les colonies les plus progressives. Cette infiltration venant de l'ouest était mi-andonite et mi-andite.
Les centres septentrionaux de culture le long du Fleuve Jaune avaient toujours évolué plus vite que les centres méridionaux du Yang-Tsé. En quelques milliers d'années après l'arrivée de ces hommes supérieurs, même peu nombreux, les colonies du Fleuve Jaune avaient distancé les villages du Yang-Tsé. Par rapport à leurs frères du sud, elles avaient atteint une position culturelle avancée qu'elles ont toujours conservée depuis lors.
Les Andites étaient en nombre relativement restreint et leur culture n'était pas tellement supérieure, mais l'amalgamation avec eux produisit une race aux talents plus variés. Les Chinois du nord reçurent juste assez de sang andite pour stimuler modérément leur mentalité naturellement douée, mais pas assez pour enflammer la curiosité exploratrice fébrile si caractéristique des races blanches nordiques. Cet influx d'hérédité andite apportait moins de troubles à la stabilité innée du type Sangik.
Les flots ultérieurs d'Andites amenèrent avec eux certains progrès culturels de Mésopotamie; ceci est spécialement vrai pour les dernières vagues d'émigration venant de l'ouest. Elles améliorèrent grandement les pratiques économiques et éducatives des Chinois du nord. Leur influence sur la culture religieuse de la race jaune fut éphémère, mais leurs descendants contribuèrent beaucoup à un éveil spirituel ultérieur. Toutefois, les traditions andites de la beauté d'Éden et de Dalamatia influencèrent les traditions chinoises; les légendes chinoises primitives situent « le pays des dieux » à l'occident.
Le peuple chinois ne commença à bâtir des villes et à se lancer dans l'industrie que vers l'an 10.000 avant J.-C., à la suite de changements climatiques dans le Turkestan et de l'arrivée des derniers immigrants andites. L'infusion de ce sang nouveau n'eut pas tant pour effet d'ajouter beaucoup à civilisation des hommes jaunes que de stimuler un nouveau et rapide développement des tendances latentes des lignées chinoises supérieures. Depuis le Honan jusqu'au Shansi, les potentiels d'une civilisation avancée arrivaient à se manifester. Le travail des métaux et tous les arts et métiers datent de cette époque.
Les similitudes entre certaines méthodes des Chinois et des Mésopotamiens primitifs, pour le calcul du temps, l'astronomie, et l'administration gouvernementale étaient dues aux relations commerciales entre ces deux centres fort éloignés. Même au temps des Sumériens, les marchands chinois voyageaient par les routes terrestres traversant le Turkestan pour aller jusqu'en Mésopotamie. Ces échanges ne furent pas unilatéraux -- la vallée de l'Euphrate en bénéficia considérablement ainsi que les peuples de la plaine du Gange. Les changements de climat et les invasions des nomades au troisième millénaire avant J.-C., réduisirent considérablement le volume du commerce passant par les pistes des caravanes de l'Asie centrale.
8. -- LA SUITE DE LA CIVILISATION CHINOISE
Alors que les hommes rouges souffrirent d'avoir trop fait la guerre, il n'est pas entièrement faux de dire que le développement structurel de l'État parmi les Chinois fut retardé par l'intégralité de leur conquête de l'Asie. Ils avaient un grand potentiel de solidarité raciale qui ne réussit pas à s'extérioriser, parce qu'il lui manquait le stimulant continu que représente le danger toujours présent d'une agression venant de l'extérieur.
Avec l'achèvement de la conquête de l'Asie orientale, l'ancien État militaire se désintégra progressivement -- les guerres du passé furent oubliées. De la bataille épique contre la race rouge, il ne persista que les vagues traditions d'une ancienne lutte contre le peuple des archers. Les Chinois s'orientèrent de bonne heure vers l'agriculture, ce qui accrut leurs tendances pacifiques; en même temps, la densité de la population était très inférieure à la normale pour une contrée agricole, ce qui contribua à la vie de plus en plus paisible du pays.
La conscience des accomplissements passés (quelque peu diminuée dans le présent), le conservatisme d'un peuple dans son immense majorité agricole, et une vie de famille bien développée donnèrent naissance à la vénération des ancêtres, qui culmina dans l'habitude d'honorer les hommes du passé au point de friser l'adoration. Un comportement très similaire prévalut parmi les races blanches d'Europe. Un comportement très similaire prévalut parmi les races blanches d'Europe pendant cinq cents ans environ après la dislocation de la civilisation gréco-romaine.
La croyance et le culte le la « Vérité Unique » telle que l'avait enseignée Singlangton ne disparurent jamais complètement; mais, avec l'écoulement du temps, la recherche des vérités nouvelles et supérieures fut dominée par une tendance croissante à vénérer l'état de choses établi. Le génie de la race jaune se détourna lentement de la recherche de l'inconnu vers la préservation du connu. Telle est la raison pour laquelle la civilisation qui avait progressé la plus rapidement dans le monde resta stagnante.
Entre l'an 4.000 et l'an 500 avant J.-C., la réunification politique de la race jaune fut consommée; l'union culturelle des centres du Yang-Tsé et du Fleuve Jaune avait déjà été effectuée auparavant. La réunification politique des groupes tribaux n'alla pas sans conflits, mais les tendances belliqueuses de la société restèrent faibles. Le culte des ancêtres, la croissance des dialectes, et l'absence d'enrôlement pour des actions militaires pendant des milliers et des milliers d'années avaient rendu ce peuple ultra-pacifique.
Bien que la race jaune ait failli à ses promesses de développer rapidement un État moderne, elle avança progressivement dans la réalisation des arts de la civilisation, spécialement dans les domaines de l'agriculture et de l'horticulture. Les problèmes hydrauliques confrontant les paysans dans le Shansi et le Honan exigeaient une coopération collective pour être résolus. Les difficultés de l'irrigation et de la conservation du sol contribuèrent largement à développer l'interdépendance, avec la promotion correspondante de la paix parmi les groupes de fermiers.
Les développements de l'écriture ainsi que la mise en place d'écoles contribuèrent bientôt à diffuser les connaissances à une échelle jusqu'alors inégalée. Mais la nature encombrante du système d'écriture idéographique limita le nombre des classes instruites, bien que l'imprimerie fût apparue de bonne heure. Par-dessus tout, le processus de nivellement social et de développement du dogmatisme religio-philosophique se poursuivit à grands pas. Le développement religieux de la vénération des ancêtres se compliqua d'un flot de superstitions impliquant l'adoration de la nature, mais les vestiges d'un véritable concept de Dieu restèrent préservés dans le culte impérial du Shang-Ti.
La grande faiblesse de la vénération des ancêtres vient de ce quelle encourage une philosophie tournée vers le passé. Si avisé qu'il puisse être de glaner de la sagesse dans le passé, c'est une folie de le regarder comme la source exclusive de vérité. La vérité est relative et s'amplifie; elle vit toujours dans le présent, réalisant de nouvelles expressions dans chaque génération d'hommes et même dans chaque vie humaine.
La grande force de la vénération des ancêtres est la valeur que ce comportement attribue à la famille. La stabilité et la persistance étonnantes de la culture chinoise sont une conséquence du rôle majeur accordé à la famille, car la civilisation dépend directement du fonctionnement efficace de la famille. En Chine, la famille atteignit une importance sociale, et même une signification religieuse, que peu d'autres peuples approchèrent.
La dévotion finale et la loyauté familiale exigées par le culte croissant de l'adoration des ancêtres assura l'établissement de relations familiales supérieures et de groupes familiaux durables, qui développèrent ces facteurs suivants préservateurs de la civilisation:
| 1. La conservation des biens et de la richesse. | |
| 2. La mise en commun de l'expérience de plusieurs générations. | |
| 3. L'éducation efficace des enfants dans les arts et sciences du passé. | |
| 4. Un fort sens du devoir, l'élévation de la moralité, et l'accroissement de la sensibilité éthique. |
La période formative de la civilisation chinoise, débutant par l'arrivée des Andites, s'étend jusqu'au grand réveil éthique, moral, et semi-religieux du sixième siècle avant le Christ. La tradition chinoise conserve vaguement l'histoire du passé évolutionnaire. La transition de la famille matriarcale à la famille patriarcale, le développement de l'architecture, l'avènement de l'industrie -- tout cela est successivement raconté. Plus que tout autre compte-rendu similaire, cette histoire présente l'image de la magnifique ascension d'un peuple supérieur à partir du niveau de la barbarie. Durant ce temps, les Chinois passèrent d'une société agricole primitive à une organisation sociale supérieure englobant l'urbanisation, l'industrie, le travail des métaux, des échanges commerciaux, un gouvernement, l'écriture, les mathématiques, les arts, les sciences, et l'imprimerie.
C'est ainsi que l'ancienne civilisation de la race jaune a persisté à travers les siècles. Il y a presque quarante mille ans que les premiers progrès importants furent accomplis dans la culture chinoise. Bien qu'il ait eu de nombreuses récessions, la civilisation des fils de Han est celle qui est le plus près de présenter une image ininterrompue de progrès continu jusqu'à l'époque du XXe siècle de l'ère chrétienne. Les races blanches ont eu un développement mécanique et religieux d'ordre élevé, mais elles n'ont jamais dépassé les Chinois en loyauté familiale en éthique collective, ni en moralité personnelle.
Cette ancienne culture a beaucoup contribué au bonheur des hommes. Des millions d'êtres humains ont vécu et sont morts, bénis par ses accomplissements. Pendant des siècles cette grande civilisation a reposé sur les lauriers du passé, mais aujourd'hui elle se réveille pour envisager à nouveau les buts transcendants de l'existence humaine et reprendre à nouveau la lutte continue pour un progrès sans fin.
[Présenté par un Archange de Nébadon.]
LA RACE VIOLETTE APRÈS LES JOURS D'ADAM
LE Second Éden fut le berceau de la civilisation pendant près de trente mille ans. Les peuples adamiques se maintinrent là, en Mésopotamie, et envoyèrent leur progéniture aux confins de la terre. Plus tard, quand ils s'amalgamèrent avec les tribus Nodites et Sangik, ils furent connus sous le nom d'Andites. De cette région partirent les hommes et les femmes qui inaugurèrent les activités des temps historiques et accélérèrent prodigieusement les progrès culturels sur Urantia.
Ce fascicule décrit l'histoire planétaire de la race violette, en commençant peu après la faute d'Adam, environ 35.000 ans avant l'ère chrétienne. Le récit se poursuit par la fusion de la race violette avec les races Nodites et Sangik, vers l'an 15.000 avant J.-C., pour former le peuple Andite qui disparut de son foyer de Mésopotamie environ 2.000 ans avant J.-C.
1. -- RÉPARTITION RACIALE ET CULTURELLE
Bien que le moral et la mentalité des races fussent à un niveau assez bas au moment de l'arrivée d'Adam, leur évolution physique s'était poursuivie sans être aucunement affectée par la crise de la rébellion de Caligastia. La contribution d'Adam au statut biologique des races, malgré l'échec partiel de son entreprise, rehaussa énormément les peuples d'Urantia.
Adam et Ève apportèrent aussi beaucoup d'éléments précieux au progrès social, moral, et intellectuel de l'humanité. La civilisation fut immensément vivifiée par la présence de leurs descendants. Il y a 35.000 ans, le monde dans son ensemble était peu cultivé. Certains centres de civilisation existaient çà et là, mais la majeure partie d'Urantia languissait à l'état sauvage. La répartition raciale et culturelle était la suivante:
1. La race violette -- les Adamites et les Adamsonites. Le principal centre de culture adamite se trouvait dans le second jardin situé dans le triangle du Tigre et de l'Euphrate; ce fut vraiment le berceau des civilisations occidentales et indiennes. Le centre secondaire ou nordique de la race violette était le quartier général adamsonite situé à l'est de la rive sud de la Mer Caspienne, près des Monts Kopet. C'est à partir de ces deux centres que se répandirent dans les pays voisins la culture et le plasma vital qui vivifièrent immédiatement toutes les races.
2. Les Pré-Sumériens et autres Nodites. Il existait aussi en Mésopotamie, près de l'embouchure des fleuves, des restes de l'ancienne culture du temps de Dalamatia. Avec l'écoulement des millénaires, ce groupe se mêla complètement aux Adamites du nord, mais ne perdit jamais entièrement ses traditions nodites. Divers autres groupes de Nodites qui s'étaient installés au Levant furent en général absorbés par la race violette au cours de son expansion ultérieure.
3. Les Andonites entretinrent cinq ou six colonies assez représentatives au nord et à l'est du quartier général d'Adamson. D'autres Andonites étaient dispersés dans le Turkestan, et certains groupes isolés d'entre eux subsistèrent dans toute l'Eurasie, spécialement dans les régions montagneuses. Ces aborigènes occupaient encore les terres septentrionales du continent eurasien ainsi que l'Islande et le Groenland, mais ils avaient été depuis longtemps chassés des plaines d'Europe par les hommes bleus, et des vallées des fleuves asiatiques plus éloignés par la race jaune en expansion.
4. Les hommes rouges occupaient les deux Amériques après avoir été chassés d'Asie plus de cinquante mille ans avant l'arrivée d'Adam.
5. Les peuples chinois étaient bien établis dans le contrôle de l'Asie orientale. Leurs colonies les plus avancées se trouvaient au nord-ouest de la Chine moderne, dans les régions limitrophes du Thibet.
6. La race bleue. Les hommes bleus étaient dispersés dans toute l'Europe, mais leurs meilleurs centres de culture étaient situés dans les vallées alors fertiles du bassin méditerranéen et dans le nord-ouest de l'Europe. L'absorption des hommes du Néanderthal avait grandement retardé la culture des hommes bleus, mais par ailleurs ils étaient les plus agressifs, les plus aventureux, et les plus explorateurs de tous les peuples évolutionnaires d'Eurasie.
7. L'Inde pré-dravidienne. Le mélange complexe des races aux Indes -- englobant toutes les races de la terre, mais surtout la verte, l'orangée, et la noire -- entretint une culture légèrement supérieure à celle des régions extérieures.
8. La civilisation saharienne. Les éléments supérieurs de la race indigo avaient leurs colonies les plus progressives dans les terres qui forment maintenant le grand désert du Sahara. Ce groupe indigo-noir contenait de nombreuses lignées des races orangée et verte submergées.
9. Le bassin méditerranéen. La race la plus complètement mélangée en dehors de l'Inde occupait ce qui est maintenant le bassin méditerranéen. Les hommes bleus du nord et les Sahariens du sud s'y rencontrèrent et s'y mêlèrent avec des Nodites et des Adamites orientaux.
Telle est l'image du monde avant les débuts des grandes expansions de la race violette, il y a environ vingt cinq mille ans. L'espoir d'une civilisation future se trouvait dans le second jardin, entre les fleuves de Mésopotamie. Cette région de l'Asie du sud-ouest contenait le potentiel d'une grande civilisation, la possibilité de répandre dans le monde les idées et les idéaux des temps de Dalamatia et de l'époque d'Éden sauvés du naufrage.
Adam et Ève avaient laissé derrière eux une progéniture limitée mais puissante, et les observateurs célestes sur Urantia attendaient anxieusement de voir comment se comporteraient ces descendants du Fils et de la Fille Matériels égarés.
2. -- LES ADAMITES DANS LE SECOND JARDIN
Pendant des milliers d'années, les fils d'Adam travaillèrent le long des fleuves de Mésopotamie, résolvant vers le sud leurs problèmes d'irrigation et de contrôle des inondations, perfectionnant leurs défenses au nord, et s'efforçant de préserver leurs traditions de la gloire du premier Éden.
L'héroïsme dont ils firent preuve dans la direction du second jardin constitue l'une des épopées les plus étonnantes et inspirantes de l'histoire d'Urantia. Ces âmes splendides ne perdirent jamais entièrement de vue les buts de la mission adamique; c'est pourquoi les Adamites repoussèrent vaillamment les incursions des tribus environnantes et inférieures, tandis qu'ils envoyèrent volontairement leurs fils et filles les mieux doués en un flot constant d'émissaires auprès des races de la terre. Cette expansion allait parfois jusqu'à épuiser les ressources de leur foyer central, mais ce peuple supérieur réussit toujours à se reconstituer.
Sa civilisation, sa société, et son statut culturel se situaient très au-dessus du niveau général des races évolutionnaires d'Urantia. Il n'y avait de civilisation comparable que parmi les colonies de Van et d'Amadon et chez les Adamsonites. Mais la civilisation du second Éden était une structure artificielle -- elle ne résultait pas d'une évolution -- et en conséquence elle était condamnée à dégénérer jusqu'à son niveau évolutionnaire naturel.
Adam avait laissé derrière lui une grande culture intellectuelle et spirituelle, mais elle était pauvre en applications mécaniques, car toute civilisation est limitée par les ressources naturelles disponibles, le génie inné, et les loisirs suffisants pour assurer la mise en oeuvre des inventions. La civilisation de la race violette était fondée sur la présence d'Adam et les traditions du premier Éden. Après la mort d'Adam et à mesure que les millénaires qui passaient estompaient les traditions, le niveau culturel des Adamites ne cessa de décliner jusqu'à ce que l'équilibre ait été atteint entre le statut des peuplades environnantes et les aptitudes culturelles correspondant à l'évolution naturelle de la race violette.
Cependant, vers l'an 19.000 avant l'ère chrétienne, les Adamites formaient une véritable nation comptant 4.500.000 habitants, et ils avaient déjà déversé des millions de leurs descendants chez les peuples des alentours.
3. -- LES PREMIÈRES EXPANSIONS DES ADAMITES
La race violette conserva pendant de nombreux millénaires les traditions pacifiques d'Éden, ce qui explique le long retard des Adamites à faire des conquêtes territoriales. Quand ils souffraient d'un excès de population, au lieu de faire la guerre pour s'assurer plus de territoires, ils envoyaient l'excédent de leurs habitants comme instructeurs auprès des autres races. L'effet culturel de ces premières migrations n'était pas durable, mais l'absorption des éducateurs, des commerçants, et des explorateurs adamiques fortifiait biologiquement les peuplades environnantes.
Quelques Adamites se dirigèrent de bonne heure à l'ouest vers la vallée du Nil; d'autres allèrent vers l'est et pénétrèrent en Asie, mais ils formaient une minorité. Les mouvements de masse des époques plus tardives s'orientèrent largement vers le nord et de là vers l'ouest. Dans l'ensemble, ce fut une poussée graduelle mais incessante vers le nord, la majorité des émigrants se dirigeant vers le nord, puis tournant vers l'ouest autour de la Mer Caspienne et pénétrant en Europe.
Il y a environ 25.000 ans, un grand nombre des Adamites les plus purs étaient bien en route pour émigrer vers le nord et, à mesure qu'ils avançaient dans cette direction, ils devenaient de moins en moins adamiques. À la fin, quand ils occupèrent le Turkestan, ils s'étaient complètement mêlés aux autres races, et particulièrement aux Nodites. Les éléments de pure race violette ne pénétrèrent profondément en Europe et en Asie qu'en très petit nombre.
Entre l'an 30.000 et l'an 10.000 avant J.-C., des mélanges raciaux faisant époque prirent place dans toute l'Asie du sud-ouest. Les habitants des hautes terres du Turkestan étaient un peuple viril et vigoureux. Au nord-ouest de l'Inde, une bonne partie de la culture du temps de Van subsistait. Encore au nord de ces colonies, les meilleurs Andonites primitifs s'étaient conservés. Ces deux races de culture et de caractère supérieurs furent absorbées par les Adamites se déplaçant vers le nord. Cette amalgamation conduisit à adopter bien des idées nouvelles; elle facilita les progrès de la civilisation et fit avancer considérablement toutes les phases de l'art, de la science, et de la culture sociale.
Quand la période des migrations adamiques primitives prit fin, vers l'an 15.000 avant J.-C., il y avait déjà plus de descendants d'Adam en Europe et en Asie centrale que partout ailleurs dans le monde, et même qu'en Mésopotamie. Les races bleues européennes avaient été largement imprégnées. Les pays que l'on appelle aujourd'hui la Russie et le Turkestan étaient occupés dans toutes leurs régions méridionales par un grand réservoir d'Adamites mêlés de Nodites, d'Andonites, et de Sangiks rouges et jaunes. L'Europe du sud et la lisière de la Méditerranée étaient habités par une race mixte d'Andonites et de Sangiks -- orangés, verts, et indigo -- avec une touche de la race adamique. L'Asie-Mineure et les pays du centre-est de l'Europe étaient occupés par des tribus de prédominance andonite.
Une race mêlée de couleur, grandement renforcée vers cette époque par des arrivées de Mésopotamiens, abordait l'Égypte et se préparait à remplacer la culture en voie de disparition de la vallée de l'Euphrate. Les peuplades noires se déplaçaient vers le sud de l'Afrique; comme la race rouge, elles étaient virtuellement isolées.
La civilisation saharienne avait été disloquée par la sécheresse, et celle du bassin méditerranéen par les inondations. Les races bleues n'avaient pas encore réussi à développer une culture avancée. Les Andonites étaient encore éparpillés dans les régions de l'Asie centrale et arctique. Les races verte et orangée avaient été exterminées en tant que races. La race indigo se dirigeait vers l'Afrique du Sud pour y commencer sa longue, lente, et continuelle dégénérescence raciale.
Les peuples de l'Inde restaient stagnants, avec une civilisation qui ne progressait pas. Les hommes jaunes consolidaient leur mainmise sur l'Asie centrale. Les hommes bruns n'avaient pas encore inauguré leur civilisation dans les îles du Pacifique proches de l'Asie.
Ces répartitions raciales, associées à de vastes changements de climat, préparèrent la scène du monde pour l'inauguration de l'ère Andite de la civilisation d'Urantia. Les premières migrations s'étendirent sur une période de dix millénaires, entre l'an 25.000 et l'an 15.000 avant J.-C. Les migrations ultérieures ou andites eurent lieu entre l'an 15.000 et l'an 6.000 avant J.-C.
Les Adamites des premières migrations mirent tellement de temps à traverser l'Eurasie qu'ils perdirent en cours de route une grande partie de leur culture. Seuls les Andites venus plus tard se déplacèrent avec une rapidité suffisante pour conserver leur culture édénique à de grandes distances de la Mésopotamie.
4. -- LES ANDITES
Les races Andites étaient les mélanges primaires de la race violette et des Nodites avec l'addition de peuplades évolutionnaires. En général, il faut penser aux Andites comme ayant un pourcentage de sang adamique bien plus élevé que les races modernes. Dans l'ensemble, on emploie le terme Andite pour désigner les peuples possédant un sixième à un huitième d'hérédité violette. Les Urantiens modernes, même ceux des races blanches nordiques, contiennent un pourcentage bien inférieur du sang d'Adam.
Les tout premiers peuples andites eurent leur origine dans les régions adjacentes à la Mésopotamie il y a plus de vingt cinq mille ans et consistèrent en un mélange d'Adamites et de Nodites. Le second jardin était entouré de zones concentriques où les habitants avaient de moins en moins de sang violet, et c'est sur la périphérie de ce creuset racial que naquit la race andite. Plus tard, quand les Adamites et les Nodites migrateurs pénétrèrent dans les régions alors fertiles du Turkestan, ils se mêlèrent rapidement à leurs habitants supérieurs, et le mélange racial existant étendit vers le nord le type andite.
Les Andites furent à tous points de vue la meilleure race humaine apparue sur Urantia depuis l'époque des peuplades de pure race violette. Ils englobèrent la plupart des types supérieurs des restes survivants des races adamite et nodite, et plus tard quelques unes des meilleures lignées d'hommes jaunes, bleus, et verts.
Les premiers Andites n'étaient pas des Aryens, mais des pré-Aryens. Ils n'étaient pas blancs, mais « pré-blancs ». Ils n'étaient ni un peuple occidental ni un peuple oriental, mais c'est l'hérédité andite qui donne au mélange polyglotte des races dites blanches cette homogénéité générale que l'on a appelée caucasoïde.
Les lignées pures de la race violette avaient conservé la tradition adamique de rechercher la paix, ce qui explique pourquoi les premiers déplacements raciaux eurent plutôt la nature de migrations pacifiques. Mais à mesure que les Adamites s'unirent avec les Nodites, qui étaient alors une race belliqueuse, leurs descendants Andites devinrent, pour leur époque, les militaristes les plus habiles et les plus sagaces qui aient jamais vécu sur Urantia. Les déplacements des Mésopotamiens prirent désormais un caractère de plus en plus militaire et s'apparentèrent davantage à de réelles conquêtes.
Les Andites étaient aventureux; ils avaient des dispositions vagabondes. Une addition de souches Sangik ou andonites tendit à les stabiliser. Même ainsi, ils n'eurent pas de cesse avant d'avoir effectué la circumnavigation du globe et découvert le dernier des continents lointains.
5. -- LES MIGRATIONS ANDITES
La culture du second jardin persista pendant vingt mille ans, mais avec un déclin continu jusqu'à l'an 15.000 avant J.-C., où la régénération due à la prêtrise séthite et au commandement d'Amosad inaugura une ère brillante. Les vagues massives de civilisation qui se répandirent plus tard sur l'Eurasie suivirent immédiatement la grande renaissance du Jardin consécutive à de nombreuses unions des Adamites avec les Nodites mixtes des environs pour former les Andites.
Ces Andites pénétrèrent plus loin que précédemment en Eurasie et en Afrique du Nord. De Mésopotamie jusqu'au Sinkiang inclus, la culture andite dominait, et les migrations continues vers l'Europe étaient constamment compensées par de nouvelles arrivées de Mésopotamie. Il ne serait pas exact de parler des Andites en Mésopotamie comme d'une race proprement dite avant les prodromes des migrations finales des descendants mixtes d'Adam. A cette époque, même les races du second jardin étaient tellement mêlées qu'elles ne pouvaient plus être considérées comme adamites.
La civilisation du Turkestan était constamment vivifiée et rénovée par les nouveaux arrivants de Mésopotamie, et spécialement par les cavaliers andites venus plus tardivement. La langue mère dite aryenne était en cours de formation dans les hautes terres du Turkestan; elle était un mélange du dialecte andonique de cette région avec le langage des Adamsonites et des Andites ultérieurs. Bien des langages modernes dérivent de ce vocabulaire primitif des tribus d'Asie Centrale qui conquirent l'Europe, l'Inde, et la partie supérieure des plaines de Mésopotamie. C'est cet ancien idiome qui donna aux langues occidentales la similitude que l'on appelle aryenne.
Vers l'an 12.000 avant J.-C., les trois quarts des races andites du monde résidaient dans le nord et l'est de l'Europe, et lorsque l'exode ultérieur et final de Mésopotamie prit place, soixante-cinq pour cent des dernières vagues d'émigration pénétrèrent en Europe.
Les Andites émigrèrent non seulement vers l'Europe, mais vers la Chine du nord et l'Inde, tandis que de nombreux groupes allaient jusqu'aux confins de la terre comme missionnaires, éducateurs, et commerçants. Ils apportèrent une contribution considérable aux groupes des peuplades Sangik du Sahara septentrional. Toutefois, seul un petit nombre d'instructeurs et de commerçants pénétra en Afrique plus au sud que le cours supérieur du Nil. Plus tard, des Andites mixtes et des Egyptiens descendirent le long des côtes est et ouest de l'Afrique bien au-dessous de l'équateur, mais sans atteindre Madagascar.
Ces Andites étaient les conquérants dits Dravidiens, et plus tard Aryens, de l'Inde, et leur présence en Asie centrale rehaussa considérablement les ancêtres des Touraniens. De nombreux individus de cette race allèrent en Chine, tant par le Sinkiang que par le Thibet, et ajoutèrent des qualités désirables aux souches chinoises ultérieures. De temps à autre, de petits groupes arrivaient jusqu'au Japon, à Formose, en Indonésie, et en Chine du sud, mais très peu pénétrèrent dans ce dernier pays par la voie côtière.
Cent trente-deux membres de cette race s'embarquèrent au Japon sur une flottille de petits bateaux et finirent par atteindre l'Amérique du Sud. Par des mariages mixtes avec les natifs des Andes, ils donnèrent naissance aux ancêtres des chefs ultérieurs des Incas. Ils traversèrent le Pacifique par petites étapes, en s'arrêtant sur les nombreuses îles qu'ils rencontraient sur leur route. Les îles de Polynésie étaient à la fois plus nombreuses et plus grandes qu'aujourd'hui, et ces marins andites, ainsi que quelques compagnons de voyage, modifièrent biologiquement les groupes indigènes au cours de leur transit. A la suite de la pénétration andite, de nombreux centres florissants de civilisation se développèrent sur ces terres maintenant submergées. L'Ile de Pâques fut longtemps le centre religieux et administratif de l'un de ces groupes insulaires disparus. Toutefois, parmi les Andites qui naviguèrent sur le Pacifique de ces temps lointains, les cent trente-deux mentionnés furent les seuls à jamais atteindre le continent des Amériques.
Les migrations conquérantes des Andites se poursuivirent jusqu'à leurs dernières dispersions entre l'an 8.000 et l'an 6.000 avant J.-C. Quand ils se répandaient hors de Mésopotamie, ils épuisaient constamment les réserves biologiques de leur terre natale, tandis qu'ils renforçaient notablement les peuples environnants. Dans toutes les nations où ils affluèrent, ils apportèrent une contribution d'humour, d'art, d'aventure, de musique, et d'industrie. Ils étaient habiles à domestiquer les animaux et experts en agriculture. A cette époque tout au moins, leur présence améliorait généralement les croyances religieuses et les pratiques morales des races plus anciennes. C'est ainsi que la culture mésopotamienne se répandit paisiblement sur l'Europe, l'Inde, la Chine, l'Afrique du Nord, et les îles du Pacifique.
6. -- LES DERNIÈRES DISPERSIONS ANDITES
Les trois dernières vagues d'Andites déferlèrent de Mésopotamie entre l'an 8.000 et l'an 6.000 avant J.-C. Ces trois grands courants culturels furent refoulés de Mésopotamie par la pression des tribus montagnardes à l'est et par le harcèlement des hommes des plaines de l'ouest. Les habitants de la vallée de l'Euphrate et des territoires adjacents partirent pour leur exode final dans plusieurs directions:
Soixante-cinq pour cent pénétrèrent en Europe par la route de la Mer Caspienne pour vaincre les races blanches nouvellement apparues et s'amalgamer avec elles.
Dix pour cent, y compris un important groupe de prêtres séthites, traversèrent les hautes terres élamites vers l'est jusqu'au plateau de l'Iran et au Turkestan. Beaucoup de leurs descendants furent ultérieurement repoussés dans les Indes avec leurs frères Aryens des régions plus septentrionales.
Dix pour cent des Mésopotamiens ayant émigré vers le nord s'orientèrent ensuite vers l'est pour entrer dans le Sinkiang, où ils se mêlèrent aux Andites jaunes qui y habitaient. La majorité des descendants bien doués de cette union pénétra plus tard en Chine et contribua beaucoup à l'amélioration immédiate de la fraction nordique de la race jaune.
Dix pour cent des Andites en fuite traversèrent l'Arabie et entrèrent en Égypte.
Cinq pour cent des Andites, appartenant à la plus haute culture du district côtier à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate, avaient évité de se marier avec les individus inférieurs des tribus voisines et refusèrent de quitter leurs foyers. Ce groupe représentait la survivance de nombreuses lignées Nodites et Adamites supérieures.
Les Andites avaient à peu près entièrement évacué cette région vers l'an 6.000 avant J.-C., bien que leurs descendants, largement mêlés aux races Sangik environnantes et aux Andonites d'Asie Mineure, y fussent présents pour livrer bataille aux envahisseurs du nord et de l'est à une date beaucoup plus tardive.
L'âge culturel du second jardin prit fin par l'infiltration croissante des souches inférieures environnantes. La civilisation se déplaça vers l'ouest dans la vallée du Nil et les îles de la Méditerranée, où elle continua à progresser et à prospérer longtemps après que sa source d'origine en Mésopotamie eût dégénéré. L'afflux sans contrôle des peuplades inférieures prépara la voie à la conquête ultérieure de toute la Mésopotamie par les barbares nordiques qui en chassèrent ce qui restait de bonnes lignées. Même à une époque plus récente, le reliquat des éléments cultivés s'irritait encore de la présence de ces envahisseurs ignorants et grossiers.
7. -- LES INONDATIONS EN MÉSOPOTAMIE
Les riverains des fleuves étaient habitués aux inondations en certaines saisons. Ces débordements périodiques étaient des événements annuels de leur vie. Mais de nouveaux périls menacèrent la Mésopotamie par suite de changements géologiques progressifs dans le nord.
Pendant des milliers d'années après l'engloutissement du premier Éden, les montagnes voisines de la côte orientale de la Méditerranée et celles du nord-ouest et du nord-est de la Mésopotamie continuèrent à s'exhausser. L'élévation des hautes terres s'accéléra grandement vers l'an 5.000 avant J.-C., et ce facteur, s'ajoutant à des chutes de neige considérablement accrues, causa chaque printemps des inondations terribles dans la vallée de l'Euphrate. Ces inondations printanières empirèrent d'année en année, si bien que les habitants des régions riveraines furent chassés vers les hauts plateaux orientaux. Pendant près de mille ans, des dizaines de villes furent pratiquement abandonnées à cause de ces déluges.
Près de cinq mille ans plus tard, les prêtres hébreux en captivité à Babylone cherchèrent à faire remonter à Adam l'origine du peuple juif et éprouvèrent de grandes difficultés à faire cadrer les fragments de leur histoire. L'un d'eux eut l'idée de renoncer à l'effort, de laisser le monde entier s'engloutir dans sa perversité à l'époque du déluge de Noé, et de se trouver ainsi en meilleure posture pour attribuer directement comme ancêtre à Abraham l'un des trois fils survivants de Noé.
Les traditions relatant une époque où les eaux couvraient toute la surface de la terre sont universelles. L'histoire d'une inondation mondiale à une certaine époque des âges passés est commune à de nombreuses races. L'histoire biblique de Noé, de l'arche, et du déluge est une invention de la prêtrise hébraïque durant sa captivité à Babylone. Il n'y a jamais eu de déluge universel depuis que la vie fut établie sur Urantia. La seule fois où la surface de la terre fut entièrement couverte par les eaux eut lieu pendant les âges archéozoïques, avant que la terre sèche ait commencé à apparaître.
Mais Noé vécut réellement; il était un viticulteur d'Aram, colonie fluviale proche d'Érech. D'année en année il conserva des notes écrites sur les crues du fleuve. On le couvrit de ridicule tandis qu'il parcourait l'amont et l'aval du fleuve en recommandant de construire toutes les maisons en bois et en forme de bateau, et de faire monter chaque nuit à bord tous les animaux de la famille à l'approche de la saison des inondations. Il se rendait chaque année dans les colonies riveraines et avertissait les habitants de la date à laquelle les crues se produiraient. Il vint finalement une année où l'inondation annuelle fut considérablement accrue par de fortes pluies, si bien que la montée subite des eaux emporta tout son village. Seuls Noé et sa famille, furent sauvés par leur maison flottante.
Ces inondations achevèrent de disloquer la civilisation andite. A la fin de cette période diluvienne, le second jardin n'existait plus. C'est seulement dans le sud et parmi les Sumériens que subsista quelque trace de son ancienne gloire.
On peut retrouver, dans ces régions de Mésopotamie, ainsi qu'au nord-est et au nord-ouest, des restes de cette civilisation qui compte parmi les plus anciennes. Il existe des vestiges encore antérieurs de l'époque de Dalamatia sous les eaux du Golfe Persique. Quant au premier Éden, il gît englouti sous l'extrémité orientale de la Mer Méditerranée.
8. -- LES SUMÉRIENS -- LES DERNIERS ANDITES
Quand la dernière dispersion des Andites brisa l'armature biologique de la civilisation mésopotamienne, une petite minorité de cette race supérieure resta dans son pays natal près de l'embouchure des fleuves. C'étaient les Sumériens; vers l'an 6.000 avant J.-C., leur souche était largement devenue andite, bien que le caractère de leur culture fût plutôt nodite et qu'ils fussent restés attachés aux anciennes traditions de Dalamatia. Néanmoins, ces Sumériens des régions côtières furent les derniers Andites en Mésopotamie; mais à cette date tardive les races mésopotamiennes étaient déjà entièrement mêlées, ainsi qu'en témoignent les types de crânes que l'on trouve dans les tombeaux de cette époque.
Ce fut durant la période des inondations que Suse connut sa grande prospérité. La première cité, ou ville basse, fut inondée, de sorte que la seconde, ou ville haute, lui succéda comme quartier général des métiers particuliers à ce temps. Plus tard, quand les crues diminuèrent, Ur devint le centre de l'industrie de la poterie. Il y a sept mille ans, Ur se trouvait sur le Golfe Persique. Depuis lors, les dépôts d'alluvions des fleuves ont prolongé la terre jusqu'à ses limites actuelles. Les colonies d'aval souffrirent moins des inondations que celles d'amont, parce que leurs ouvrages de protection étaient meilleurs et que les embouchures des fleuves allaient en s'élargissant.
Les paisibles cultivateurs de céréales des vallées du Tigre et de l'Euphrate avaient été longtemps harcelés par les barbares du Turkestan et du plateau iranien. A cette époque, une invasion concertée de la vallée de l'Euphrate fut provoquée par la sécheresse croissante des pâturages des hautes terres. Cette invasion fut d'autant plus grave que les chasseurs et les pâtres du voisinage possédaient un grand nombre de chevaux apprivoisés. Ce fut la possession des chevaux qui leur donna une immense supériorité militaire sur leurs riches voisins du sud. En peu de temps ils envahirent toute la Mésopotamie et en expulsèrent les dernières vagues de culture, qui se répandirent sur toute l'Europe, l'Asie occidentale, et l'Afrique du Nord.
Les conquérants de la Mésopotamie comptaient dans leurs rangs un grand nombre des meilleures lignées andites des races mixtes nordiques du Turkestan, y compris certaines souches d'Adamsonites. Ces tribus du nord, moins évoluées mais plus vigoureuses, assimilèrent rapidement et volontiers les restes de la civilisation de Mésopotamie. Elles formèrent bientôt les peuplades mêlées que l'on trouve dans la vallée de l'Euphrate au commencement des temps historiques. Elles ranimèrent vite certaines phases de la civilisation moribonde de Mésopotamie, en adoptant les arts des tribus de la vallée et une grande partie de la culture des Sumériens. Elles cherchèrent même à construire une troisième tour de Babel, et adoptèrent plus tard ce nom pour désigner leur nation.
Quand les cavaliers barbares du nord-est envahirent toute la vallée de l'Euphrate, ils ne triomphèrent pas des survivants Andites qui habitaient vers l'embouchure du fleuve sur le Golfe Persique. Ces Sumériens furent capables de se défendre à cause de leur intelligence supérieure, de leurs armes meilleures, et du vaste système de canaux militaires qu'ils avaient ajouté à leur plan d'irrigation par étangs communicants. Ils formaient un peuple uni parce qu'ils avaient une religion collective uniforme. Ils purent ainsi maintenir leur intégrité raciale et nationale bien après que leurs voisins du nord-ouest eussent été divisés en cités-États isolées. Aucun de ces groupes urbains ne fut capable de vaincre les Sumériens unis.
Les envahisseurs du nord apprirent bientôt à faire confiance à ces pacifiques voisins et à apprécier leurs aptitudes de constructeurs et d'administrateurs. Les Sumériens furent fort respectés et recherchés comme éducateurs dans les arts et l'industrie, comme dirigeants commerciaux, et comme chefs civils par toutes les peuplades du nord, et aussi depuis l'Égypte à l'ouest jusqu'aux Indes à l'est.
Après la dislocation de la première confédération sumérienne, les cités-États qui suivirent furent gouvernées par des descendants apostats des prêtres séthites. Ces prêtres ne prirent le nom de rois qu'après avoir conquis les villes voisines. Les rois citadins ultérieurs ne réussirent pas à former de puissantes confédérations avant l'époque de Sargon, parce qu'ils étaient jaloux de leurs dieux. Chaque ville croyait que son dieu municipal était supérieur à tous les autres dieux, et en conséquence les habitants refusaient de se subordonner à un chef commun.
Sargon, le prêtre de Kish, mit fin à cette longue période de gouvernements faibles par les prêtres urbains. Il se proclama roi et partit à la conquête de toute la Mésopotamie et des pays avoisinants. Pour le moment, cela mit fin aux cités-États commandées et tyrannisées par les prêtres, où chaque ville avait son propre dieu municipal et pratiquait son propre cérémonial.
Après la rupture de cette confédération de Kish, il y eut entre les villes de la vallée une longue période de guerres constantes pour la suprématie. Le gouvernement eut des fortunes diverses et son siège oscilla entre Sumer, Akad, Kish, Érech, Ur, et Suse.
Environ 2.500 ans avant J.-C., les Sumériens subirent de graves défaites par les Suites et les Guites du nord. Lagash, la capitale sumérienne bâtie sur des tertres alluvionnaires, tomba. Érech se maintint pendant trente ans après la chute d'Akad. A l'époque de l'établissement du règne de Hammourabi, les Sumériens avaient été absorbés dans la masse des Sémites du nord, et les Andites de Mésopotamie furent effacés des pages de l'histoire.
Entre l'an 2.500 et l'an 2.000 avant J.-C., les nomades commirent toutes sortes d'excès, depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique. Les Nérites constituèrent l'invasion finale du groupe caspien des descendants mésopotamiens des races andonites et andites mêlées. Ce que les barbares n'avaient pas fait pour ruiner la Mésopotamie, les changements ultérieurs de climat réussirent à l'accomplir.
Telle est l'histoire de la race violette après l'époque d'Adam, et du sort de son foyer national entre le Tigre et l'Euphrate. Son ancienne civilisation tomba à cause de l'émigration de ses éléments supérieurs et de l'immigration de ses voisins inférieurs. Mais longtemps avant que les cavaliers barbares eussent conquis la vallée, la culture du Jardin s'était largement répandue en Asie, en Afrique, et en Europe, pour y produire les ferments qui donnèrent la civilisation urantienne du XXième siècle.
[Présenté par un Archange de Nébadon.]
LES CRÉATURES MÉDIANES
LA plupart des mondes habités de Nébadon hébergent un ou plusieurs groupes d'êtres exceptionnels existant sur un niveau de fonctionnement vital situé à peu près à mi-chemin entre celui des mortels du royaume et celui des ordres angéliques, d'où leur nom de créatures médianes: Elles paraissent être un accident du temps, mais sont si répandues et apportent une aide si précieuse que nous les avons acceptées depuis longtemps comme l'un des ordres essentiels de notre ministère planétaire conjugué.
Deux ordres distincts de médians opèrent sur Urantia: le corps primaire, ou doyen, qui vint à l'existence aux jours lointains de Dalamatia, et le groupe secondaire, ou plus jeune, qui date de l'époque d'Adam.
1. -- LES MÉDIANS PRIMAIRES
Les médians primaires ont leur genèse dans une combinaison unique de facteurs matériels et spirituels sur Urantia. Sur d'autres mondes et dans d'autres systèmes, nous savons qu'il existe des créatures similaires, mais elles ont pris naissance par des techniques dissemblables.
Il ne faut jamais oublier que les effusions successives des Fils de Dieu sur une planète en évolution produisent des changements notables dans l'économie spirituelle du royaume. Elles modifient parfois le jeu de l'association des agents matériels et des agents spirituels au point de créer des situations vraiment difficiles à comprendre. Le statut des cent membres corporels de l'état-major du Prince Caligastia illustre précisément une association extraordinaire de cette sorte. En tant que citoyens morontiels ascendants de Jérusem, ils étaient des créatures supra-matérielles sans prérogatives de reproduction. En tant que ministres planétaires descendant sur Urantia, ils étaient des créatures matérielles sexuées capables de procréer une descendance matérielle (comme quelques-uns le firent plus tard). Ce que nous ne pouvons expliquer d'une manière satisfaisante, c'est la manière dont ces cent personnes ont pu jouer le rôle de parents sur un niveau supra-matériel, et pourtant c'est exactement ce qui advint. Une liaison supra-matérielle (non sexuelle) entre un membre du sexe masculin et un membre du sexe féminin de l'état-major corporel du Prince se traduisit par l'apparition du premier-né des médians primaires.
On s'aperçut immédiatement qu'une créature de cet ordre, à mi-chemin entre le niveau humain et le niveau angélique, rendrait de grands services en s'occupant des affaires de l'état-major du Prince. En conséquence, chaque couple de l'état-major corporel reçut l'autorisation de créer un être similaire. Le résultat de cet effort fut le premier groupe de cinquante créatures médianes.
Après avoir observé pendant une année le travail de ce groupe unique, le Prince Planétaire autorisa la reproduction des médians sans restriction. Ce plan fut exécuté tant que le pouvoir de procréation subsista, et c'est ainsi que le corps originel de 50 000 médians prit naissance.
Une période de six mois intervenait entre la production des médians successifs, et lorsque mille de ces êtres furent nés à chaque couple de l'état-major corporel, il n'en naquit plus jamais aucun. Nulle raison valable n'explique pourquoi ce pouvoir fut épuisé à l'apparition du millième descendant direct. Toutes les expérimentations ultérieures n'aboutirent qu'à des échecs.
Ces créatures constituèrent le corps des renseignements de l'administration du Prince. Elles se répandirent en tous sens, étudiant les races du monde et rendant d'autres services inestimables au Prince et à son état-major en influençant les colonies humaines éloignées du quartier général planétaire.
Ce régime dura jusqu'aux jours tragique de la rébellion planétaire qui prit au piège un peu plus des quatre cinquièmes des médians primaires. Le corps loyal entra au service des syndics Melchizédeks et opéra sous le commandement de Van jusqu'à l'époque d'Adam.
2. -- LA RACE NODITE
Bien que nous relations ici l'origine, la nature, et les fonctions des créatures médianes d'Urantia, la parenté entre les deux ordres -- primaire et secondaire -- rend nécessaire d'interrompre l'histoire des médians primaires afin de suivre la descendance des membres rebelles de l'état-major corporel du Prince Caligastia depuis la rébellion planétaire jusqu'à l'époque d'Adam. Ce fut cette lignée héréditaire qui, aux premiers temps du second jardin, fournit la moitié des ancêtres de l'ordre secondaire des créatures médianes.
Les membres corporels de l'état-major du Prince avaient été matérialisés sous forme de créatures sexuées en vue de participer au plan de procréation d'une descendance incorporant les qualités conjuguées de leur ordre spécial unies à celles des souches sélectionnées des tribus d'Andon; tout ceci était destiné à anticiper sur l'apparition ultérieure d'Adam. Les Porteurs de Vie avaient projeté la naissance d'un nouveau type de mortels englobant l'union des descendants conjoints de l'état-major du Prince avec la première génération des enfants d'Adam et d'Ève. Ils avaient donc mis sur pied un plan envisageant un nouvel ordre de créatures planétaires dont ils espéraient qu'elles seraient les chefs et instructeurs de la société humaine. Ces êtres étaient destinés à la souveraineté sociale, et non à la souveraineté civile. Mais puisque ce projet avorta à peu près complètement, nous ne connaîtrons jamais le règne bienveillant et la culture incomparable de l'aristocratie dont Urantia fut privée. En effet, lorsque les membres de l'état-major corporel se reproduisirent ultérieurement, ce fut à la suite de la rébellion et après qu'ils eussent été privés de leur connexion avec les courants vitaux du système.
L'ère postérieure à la rébellion sur Urantia vit se produire bien des événements inhabituels. Une grande civilisation -- la culture de Dalamatia -- se disloquait. « Les Nephilim (Nodites) étaient sur la terre en ces temps-là, et lorsque ces fils des dieux allèrent vers les filles des hommes et qu'elles conçurent d'eux, leurs enfants furent les puissants hommes de jadis, les hommes de renom » (1). Bien qu'ils ne fussent guère « fils des dieux », les membres de l'état-major et leurs descendants étaient considérés comme tels par les mortels évolutionnaires de ces temps lointains; la tradition en vint même à magnifier leur stature. Telle est donc l'origine du conte folklorique à peu près universel des dieux qui descendirent sur terre et s'y allièrent avec les filles des hommes pour engendrer une ancienne race de héros. Toute cette légende devint encore plus confuse avec les mélanges raciaux des Adamites qui naquirent ultérieurement dans le second jardin.
(1) Genèse VI-4.
Les cent membres corporels de l'état-major du Prince portaient le plasma germinatif des lignées humaines andoniques S'ils s'engageaient dans la reproduction sexuée, on pouvait donc naturellement s'attendre à ce que leur progéniture ressemblât tout fait à celle d'autres parents Andonites. Mais quand les soixante rebelles de l'état-ma or les partisans de Nod, s'adonnèrent effectivement à la reproduction sexuée, leurs enfants se révélèrent de loin supérieurs, dans presque tous les domaines, aux peuplades andonites aussi bien qu'aux peuplades Sangik. Leur supériorité inattendue ne concernait pas seulement leurs qualités physiques et intellectuelles, mais aussi leurs aptitudes spirituelles.
Les caractères mutants apparus dans la première génération nodite résultaient de certains changements opérés dans la configuration et les constituants chimiques des facteurs héréditaires du plasma germinatif andonique. Ces modifications furent causées par la présence, dans le corps des membres de l'état-major, des puissants circuits d'entretien de la vie du système de Satania. Ces circuits vitaux amenèrent les chromosomes de l'archétype spécialisé d'Urantia à se rapprocher davantage de la spécialisation normalisée pour Satania des manifestations vitales fixées pour Nébadon. La technique de cette métamorphose du plasma germinatif par l'action des courants vitaux systémiques présente certaines analogies avec les procédés par lesquels les savants d'Urantia modifient le plasma germinatif des plantes et des animaux par l'emploi des rayons X.
C'est ainsi que les peuples nodites naquirent de certaines modifications particulières et inattendues se produisant dans le plasma vital que les chirurgiens d'Avalon avaient transféré des corps des contributeurs andonites à ceux des membres de l'état-major corporel.
Rappelons que les cent Andonites ayant contribué à fournir ce plasma germinatif furent à leur tour mis en possession du complément organique de l'arbre de vie, de sorte que les courants vitaux de Satania se répandirent également dans leur corps. Les quarante-quatre Andonites modifiés qui suivirent l'état-major dans la rébellion se marièrent aussi entre eux et apportèrent une grande contribution aux meilleures souches des peuplades nodites.
Ces deux groupes, embrassant 104 individus porteurs de plasma germinatif andonite modifié, constituèrent les ancêtres des Nodites, la huitième race apparue sur Urantia. Cette nouvelle caractéristique de la vie humaine représentait une autre phase de l'exécution du plan originel consistant à utiliser Urantia comme monde modificateur de vie, mais il s'agissait d'un développement inattendu de ce plan.
Les Nodites de sang pur étaient une race magnifique, mais ils se mêlèrent graduellement aux peuples évolutionnaires de la terre, de sorte qu'une grande dégénérescence ne tarda pas à se produire. Dix mille ans après la rébellion, ils avaient rétrogradé au point que la durée moyenne de leur vie ne dépassait guère celle des races évolutionnaires.
Quand les archéologues déterrent les tablettes d'argile relatant l'histoire des Sumériens descendant des Nodites, ils découvrent des listes de rois sumériens s'étendant sur plusieurs millénaires. À mesure que ces archives remontent plus loin dans le passé, la durée du règne des rois antérieurs s'accroît de vingt-cinq ou trente ans jusqu'à cent cinquante ans et davantage. Cet allongement de la durée du règne des anciens rois signifie que certains des premiers chefs nodites (descendants immédiats des membres de l'état-major du Prince) vivaient plus longtemps que leurs successeurs. Les tablettes dénotent aussi un effort pour faire remonter les dynasties jusqu'à l'époque de Dalamatia.
Les longévités relatées dans les annales de ces personnages sont dues également à une confusion entre les mois et les années comme unités de temps. On peut faire la même remarque dans la génération biblique d'Abraham et dans les archives primitives des Chinois. La confusion entre le mois, ou période de 28 jours, et l'année de plus de 365 jours introduite plus tard est responsable de la tradition de ces longues vies humaines. On cite le cas d'un homme qui vécut plus de neuf cents « ans » (1). Cette durée ne représente pas tout à fait soixante-dix de nos années; pendant des âges elle fut considérée comme très longue, et désignée plus tard par « trois vingtaines et dix ».
Le calcul du temps par mois de vingt-huit jours persista bien après l'époque d'Adam. Quand les Égyptiens entreprirent de réformer le calendrier, il y a environ sept mille ans, ils le firent avec une grande précision et introduisirent l'année de 365 jours.
(1) Genèse IX-29.
3. -- LA TOUR DE BABEL
Après l'engloutissement de Dalamatia, les Nodites se dirigèrent vers le nord et l'est et fondèrent bientôt la ville de Dilmun, qui devint leur nouveau quartier général racial et culturel. Environ cinquante mille les ans près la mort de Nod descendants de état-major du Prince devinrent trop nombreux pour trouver leur subsistance dans les terres du voisinages immédiat de leur nouvelle ville de Dilmun. Après qu'ils furent partis pour se marier avec des membres des tribus andonites et sangik limitrophes de leurs frontières, leurs dirigeants comprirent qu'il fallait faire quelque chose pour préserver leur unité raciale. En conséquence ils convoquèrent un conseil des tribus qui après bien des délibérations, adopta le Plan de Bablot, un descendant de Nod.
Bablot proposait d'ériger un temple prétentieux de glorification raciale au centre du territoire alors occupé par les Nodites. Ce temple devait avoir une tour dont le monde n'aurait jamais vu l'équivalent. Il était destiné à être un mémorial monumental à leur grandeur passée. Un bon nombre des descendants de Nod auraient voulu que ce monument fût érigé à Dilmun, mais d'autres soutenaient qu'un édifice aussi considérable devait être situé à bonne distance des dangers de la mer; ils se souvenaient des traditions de l'engloutissement de Dalamatia, leur première capitale.
Bablot prévoyait que les nouveaux bâtiments allaient devenir le noyau du futur centre de la culture et de la civilisation nodites. Son avis finit par prévaloir, et l'on commença la construction conformément à ses plans. La nouvelle ville devait porter le nom de Bablot, architecte et bâtisseur de la tour. Le site porta plus tard le nom de Bablod, et finalement celui de Babel.
Mais les Nodites restaient quelque peu divisés dans leurs sentiments au sujet des plans et des buts de l'entreprise. Leurs dirigeants n'étaient pas non plus entièrement d'accord sur les plans de construction ni sur l'utilisation des bâtiments lors de leur achèvement. Après quatre ans et demi de travail, une grande dispute s'éleva sur l'objet et le motif de la construction de la tour. Le différend s'envenima tellement que tout travail fut interrompu. Les porteurs de vivres répandirent la nouvelle de la dissension, et un grand nombre de tribus commencèrent à se rassembler au site de la construction. Trois points de vue s'affrontaient sur les motifs de bâtir la tour:
1. Le groupe le plus nombreux, environ la moitié désirait voir construire la tour comme monument commémoratif de l'histoire et de la supériorité raciale des Nodites. Il estimait qu'elle devait être un grand et imposant bâtiment suscitant l'admiration de toutes les générations futures.
2. La fraction suivante par ordre d'importance voulait que la tour fût destinée a commémorer la culture de Dilmun. Ses partisans prévoyaient que Bablot deviendrait un grand centre de commerce, d'art, et de manufacture.
3. Le contingent le plus faible estimait que l'érection de la tour offrait une occasion de réparer la folie des ancêtres qui avaient participé à la rébellion de Caligastia. Ses partisans soutenaient que la tour devait être consacrée à l'adoration du Père Universel, et que toute la raison d'être de la nouvelle ville devait consister à remplacer Dalamatia à fonctionner comme centre culturel et religieux pour les barbares des environs.
Le groupe religieux fut rapidement battu aux voix. La majorité rejeta la notion que ses ancêtres avaient été coupables de rébellion; elle s'irritait de ce stigmate racial. Ayant éliminé l'un des trois facteurs de la dispute, et faute de régler les deux autres par des débats, les Nodites eurent recours à la bataille. Les religieux, les non-combattants, s'enfuirent chez eux vers le sud, tandis que leurs compagnons se battirent jusqu'à ce qu'ils fussent a peu près complètement exterminés.
Il y a environ douze mille ans, une seconde tentative fut faite pour construire la tour de Babel. Les races mêlées des Andites (Nodites et Adamites) entreprirent d'élever un nouveau temple sur les ruines du premier édifice, mais le projet ne recueillit pas de soutiens suffisants; il succomba sous le poids de sa propre prétention. Cette région fut longtemps appelée le pays de Babel.
4. -- LES CENTRES DE CIVILISATION NODITES
La dispersion des Nodites fut une conséquence immédiate du conflit interne au sujet de la tour de Babel. Cette guerre intérieure réduisit considérablement le nombre des Nodites du sang le plus pur et porta sous beaucoup de rapports la responsabilité de leur échec dans l'établissement d'une grande civilisation pré-adamique. A partir de cette date, la culture nodite déclina pendant plus de cent vingt mille ans jusqu'à ce qu'elle fût relevée par une infusion de sang adamique. Même à l'époque d'Adam, les Nodites étaient encore un peuple capable. Nombre de leurs descendants de sang mêlé comptèrent parmi les bâtisseurs du Jardin, et plusieurs capitaines des groupes de Van étaient des Nodites. Certains des penseurs les plus des penseurs plus qualifiés de l'état-major d'Adam appartenaient à cette race.
Trois sur quatre des grands centres nodites furent établis immédiatement après le conflit de Bablot:
1. Les Nodites occidentaux ou Syriens. Les survivants du groupe nationaliste, les partisans du mémorial racial, se dirigèrent vers le nord et s'unirent avec les Andonites pour fonder les centres nodites ultérieurs du nord-ouest de la Mésopotamie. Ils formaient le groupe le plus nombreux des Nodites en voie de dispersion et contribuèrent beaucoup à l'apparition ultérieure de la souche assyrienne.
2. Les Nodites orientaux ou Elamites. Les partisans de la culture et du commerce émigrèrent en grand nombre vers l'est dans Elam, et s'y unirent avec les tribus Sangik mêlées. Les Elamites d'il y a trente ou quarante mille ans avaient largement acquis la nature Sangik, tout en continuant a entretenir une civilisation supérieure a celle des barbares environnants.
Après l'établissement du second jardin, on prit l'habitude d'appeler «terre de Nod (1) » cette proche colonie nodite. Pendant la longue période de paix relative entre ce groupe nodite et les Adamites, les deux races se croisèrent largement, car les Fils de Dieu (les Adamites) prirent de plus en plus l'habitude d'épouser les filles des hommes (les Nodites) (2).
| (1)Genèse IV-16. |
| (2) Genèse VI-2. |
3. Les Nodites centraux ou pré-sumériens. Un petit groupe à l'embouchure du Tigre et de l'Euphrate conserva mieux son intégrité raciale. Il subsista pendant des millénaires et fournit en fin de compte les ancêtres nodites qui se mêlèrent aux Adamites pour fonder les peuples sumériens des temps historiques.
Tout ceci explique comment les Sumériens apparurent si soudainement et si mystérieusement sur la scène d'action en Mésopotamie. Les chercheurs ne pourront jamais reconstituer jusqu'à ses débuts l'histoire des anciennes tribus sumériennes dont l'origine remonte a deux cent mille ans après l'engloutissement de Dalamatia. Sans avoir de traces d'origine ailleurs dans le monde, ces anciennes tribus se silhouettent soudain sur l'horizon de la civilisation avec une culture adulte et supérieure comprenant des temples, le travail des métaux, l'agriculture, l'élevage, la poterie, le tissage, des lois commerciales, un code civil, un cérémonial religieux, et un système d'écriture. Au commencement de l'ère historique, elles avaient perdu depuis longtemps l'alphabet de Dalamatia et adopté l'écriture particulière provenant de Dilmun. Bien que virtuellement perdu pour le monde, le langage sumérien n'était pas sémitique; il avait de nombreux éléments communs avec les langues dites aryennes.
Les documents détaillés laissés par les Sumériens décrivent le site d'un habitat remarquable situé sur le Golfe Persique près de l'ancienne ville de Dilmun. Les Egyptiens appelaient Dilmat cette ville de gloire ancienne, tandis que plus tard les Sumériens adamisés confondirent a la fois la première et la deuxième ville nodite avec Dalamatia, et désignèrent les trois sous le nom de Dilmun. Des archéologues ont déjà trouvé d'anciennes tablettes sumériennes d'argile qui parlent d'un paradis terrestre « ou les Dieux bénirent pour la première fois l'humanité par l'exemple d'une vie civilisée et cultivée ». Ces tablettes, qui décrivent Dilmun, le paradis des hommes et de Dieu, reposent maintenant dans le silence des galeries poussiéreuses de nombreux musées.
Les Sumériens connaissaient bien le premier et le second Éden mais, malgré le grand nombre de leurs mariages avec les Adamites, ils continuèrent a considérer les habitants du jardin du nord comme une race étrangère. Orgueilleux de la culture nodite plus ancienne, les Sumériens dédaignèrent ces nouvelles perspectives de gloire en faveur de la grandeur et des traditions paradisiaques de la ville de Dilmun.
4. Les Nodites et Amadonites du nord -- les Vanites. Ce groupe avait surgi avant le conflit de Bablot. Ces Nodites les plus septentrionaux descendaient de ceux qui avaient cessé d'obéir a Nod et a ses successeurs pour se rallier a Van et a Amadon.
Quelques-uns des premiers associés de Van s'installèrent près des rives du lac qui porte encore son nom, et leurs traditions naquirent autour de cet endroit. L'Ararat devint leur montagne sacrée et prit pour les Vanites des temps ultérieurs une signification très analogue a celle du Mont Sinaï pour les Hébreux. Il y a dix mille ans, les Vanites ancêtres des Assyriens enseignaient que leur loi morale de sept commandements avait été donnée a Van par les Dieux sur le Mont Ararat. Ils croyaient fermement que Van et son associé Amadon avaient été enlevés vivants de la planète pendant qu'ils se livraient à l'adoration au sommet de la montagnes.
Le Mont Ararat était la montagne sainte de la Mésopotamie du nord, et une grande partie de vos traditions de ces anciens temps fut acquise en connexion avec l'histoire babylonienne du déluge. Il n'est donc pas surprenant que le Mont Ararat et sa région aient été imbriqués ultérieurement dans l'histoire juive de Noé et du déluge universel.
Environ 35.000 ans avant l'ère chrétienne, Adamson visita l'un des centres les plus orientaux des anciens habitats vanites pour y fonder son centre de civilisation.
5. -- ADAMSON ET RATTA
Après avoir décrit les antécédents nodites des ancêtres des médians secondaires, nous allons maintenant étudier la moitié adamique de leurs ancêtres, car les médians secondaires sont également les petits-enfants d'Adamson, le premier-né de la race violette sur Urantia.
Adamson figurait dans le groupe des enfants d'Adam et d'Ève qui choisirent de rester sur terre avec leurs parents. Le fils aîné d'Adam avait souvent entendu Van et Amadon raconter l'histoire de leur foyer dans les hautes terres du nord. Après l'établissement du second jardin, il décida de partir en exploration vers ce pays des rêves de sa jeunesse.
Adamson avait alors 120 ans et avait été le père de trente-deux enfants de pur sang violet dans le premier jardin. Il voulait rester avec ses parents et les aider à établir le second jardin, mais il fut profondément troublé par la perte de sa compagne et de leurs enfants, qui avaient tous choisi d'aller sur Édentia avec les autres enfants adamiques ayant préféré devenir pupilles des Très Hauts.
Adamson ne voulait pas abandonner ses parents sur Urantia et n'était pas enclin à fuir les épreuves et les dangers, mais il trouva que l'ambiance du second jardin était fort peu satisfaisante. Il contribua beaucoup aux activités initiales de défense et de construction, mais décida de partir pour le nord à la première occasion. Bien que son départ eût été fort amical, Adam et Ève furent très peinés de perdre leur fils aîné, de le voir se lancer dans un monde étranger et hostile d'où ils craignaient qu'il ne revint jamais.
Une troupe de vingt-sept compagnons suivit Adamson vers le nord à la recherche des peuplades de son imagination d'enfance. Au bout d'un peu plus de trois ans, le groupe d'Adamson trouva réellement l'objet de son aventure et parmi ces peuplades, Adamson découvrit une merveilleuse et belle jeune femme de vingt ans qui prétendait être la dernière descendante de sang pur de l'état-major du Prince. Cette femme, nommée Ratta, dit que ses ancêtres descendaient tous de deux membres de l'état-major déchu du Prince. Elle était la dernière de sa race et n'avait ni frères ni soeurs vivants. Elle avait à peu près décidé de ne pas se marier et de vivre sans laisser de postérité, mais elle tomba amoureuse du majestueux Adamson. Après avoir entendu l'histoire d'Éden et la manière dont les prédictions de Van et d'Amadon s'étaient effectivement réalisées, puis en écoutant le récit de la faute du jardin, elle n'eut plus qu'une seule idée -- épouser ce fils et héritier d'Adam. L'idée gagna rapidement Adamson et, au bout de trois mois et quelques jours, ils se marièrent.
Adamson et Ratta eurent une famille de soixante-sept enfants. Ils donnèrent ainsi naissance à une grande lignée de dirigeants du monde, mais firent quelque chose de plus. Rappelons que ces deux êtres étaient réellement surhumains. Chaque fois qu'ils avaient quatre nouveaux enfants, le quatrième était d'un ordre exceptionnel. Il se rendait souvent invisible. Jamais dans l'histoire de la planète une telle chose ne s'était produite. Ratta en fut profondément troublée -- et devint même superstitieuse mais Adamson connaissait bien l'existence des médians primaires et conclut qu'il se passait quelque chose de semblable sous ses yeux. Quand vint au monde le deuxième descendant de cet ordre au comportement étrange, il décida de lui faire épouser le premier, car l'un était un garçon et l'autre une fille; ce fut l'origine de l'ordre secondaire des médians. Presque deux mille d'entre eux furent amenés à l'existence en moins d'un siècle avant que ce phénomène ne prit fin.
Adamson vécut 396 ans. Il retourna maintes fois visiter son père et sa mère. Tous les sept ans, il partait avec Ratta vers le sud pour se rendre dans le second jardin, et entre temps les médians le tenaient au courant de ce qui concernait le bien-être de son peuple. Durant la vie d'Adamson, ils rendirent grand service en bâtissant un centre mondial indépendant de vérité et de droiture.
Durant toute leur longue vie, Adamson et Ratta eurent ainsi à leur disposition ce corps d'assistants merveilleux qui travaillèrent avec eux à propager la vérité supérieure et à répandre des normes élevées de vie spirituelle, intellectuelle, et physique. Le résultat de cet effort pour améliorer le monde ne fut jamais entièrement effacé par les régressions ultérieures.
Les Adamsonites entretinrent une haute culture pendant près de sept mille ans à partir de l'époque d'Adamson et de Ratta. Plus tard, ils se mêlèrent aux Nodites et aux Andonites du voisinage et furent également inclus parmi les «vaillants hommes de jadis ». Certains progrès de cet âge subsistèrent et devinrent une partie latente du potentiel culturel qui s'épanouit plus tard sous l'aspect de la civilisation européenne.
Leur centre de civilisation était situé dans la région est de l'extrémité sud de la mer Carpienne, près du Kopet Dagh. A faible hauteur sur les contreforts du Turkestan se trouvent les vestiges de ce qui fut jadis le quartier général adamsonite de la race violette. Dans ces hautes terres situées dans une ancienne et étroite ceinture fertile au pied des contreforts de la chaîne du Kopet, quatre civilisations différentes, entretenues par quatre groupes distincts de descendants d'Adamson, virent le jour à des périodes diverses. Ce fut le second de ces groupes qui émigra vers l'ouest en Grèce et dans les îles de la Méditerranée. Le reste des descendants d'Adamson émigra vers le nord et l'ouest pour pénétrer en Europe avec les races mixtes e la dernière vague des Andites sortant de Mésopotamie. Ils comptèrent aussi parmi les envahisseurs andites-aryens de l'Inde.
6. -- LES MÉDIANS SECONDAIRES
Alors que les médians primaires ont une origine presque supra-humaine, ceux de l'ordre secondaire sont les descendants de la pure souche d'Adam unie à une descendance humanisée d'ancêtres communs à ceux du corps primaire.
Parmi les enfants d'Adamson, il y eut exactement seize de ces procréateurs des médians secondaires. Ces enfants exceptionnels étaient également divisés entre les deux sexes, et chaque couple était capable de produire un médian secondaire tous les soixante-dix jours par une technique conjuguée de liaison sexuelle et non sexuelle. Ce phénomène n'avait jamais été possible sur terre avant cette époque et ne s'est jamais reproduit depuis lors.
Ces seize enfants vécurent et moururent comme des mortels du royaume (exception faite de leurs traits particuliers), mais leurs descendants, stimulés par des ondes électriques, vivent indéfiniment sans être soumis aux limitations de la chair mortelle.
Chacun des huit couples donna finalement naissance à 248 médians, et c'est ainsi que fut constitué le corps secondaire originel de 1.984 membres. Il y a huit sous-groupes de médians secondaires; ceux du premier groupe sont désignés par A -- B -- C le premier, le second, le troisième, etc.; ceux du second groupe par D -- E -- F le premier, le second, le troisième, etc.; et ainsi de suite pour les autres groupes.
Après la faute d'Adam, les médians primaires retournèrent au service des syndics Melchizédeks; le groupe secondaire né plus tard resta attaché au centre d'Adamson jusqu'à la mort de ce dernier. Trente-trois de ces médians secondaires, les chefs de leur organisation à la mort d'Adamson, essayèrent d'entraîner l'ordre tout entier au service des Melchizédeks une liaison avec le corps primaire. N'ayant pas réussi à accomplir leur projet, ils abandonnèrent leurs compagnons et passèrent en bloc au service des syndics planétaires.
Après la mort d'Adamson, le reste des médians secondaires exerça une étrange influence inorganisée et sans attaches sur Urantia. A partir de ce moment-là, et jusqu'à l'époque de Machiventa Melchizédek, ils menèrent une existence irrégulière et désordonnée. Ils furent partiellement repris sous contrôle par ce Melchizédek, mais restèrent une abondante source d'ennuis jusqu'aux jours de Christ Micaël. Durant son séjour sur terre, ils prirent tous des décisions définitives sur leur destinée future, et la majorité loyale s'enrôla alors sous la direction des médians primaires.
7. -- LES MÉDIANS REBELLES
La majorité des médians primaires s'adonna au péché à l'époque de a rébellion de Lucifer. Quand on fit le compte des dégâts de la rébellion planétaire, on découvrit parmi d'autres pertes que 40.119 médians primaires sur les 50.000 originels s'étaient ralliés à la sécession de Caligastia.
Le nombre initial de médians secondaires était de 1.984. Parmi eux, 873 ne se rangèrent pas sous la direction de Micaël et furent dûment internés en connexion avec le jugement planétaire d'Urantia le jour de la Pentecôte. Nul ne peut prévoir l'avenir de ces créatures déchues.
Les deux groupes de médians rebelles sont maintenant détenus en prison en attendant le jugement final des affaires de la rébellion systémique, mais ils accomplirent beaucoup d'actes étranges sur terre avant l'inauguration de la dispensation planétaire actuelle.
Les médians déloyaux étaient capables de se révéler aux yeux des mortel dans certaines circonstances, et c'était spécialement le cas pour les associés de Belzébuth, chef des médians secondaires apostats. Il ne faut pas confondre ces créatures exceptionnelles avec certains chérubins et séraphins rebelles qui vécurent aussi sur terre jusqu'à l'époque de la mort et de la résurrection du Christ. Certains écrivains de l'antiquité désignaient les médians rebelles sous le nom de mauvais esprits, et les séraphins apostats sous celui de mauvais anges.
Sur aucun monde, les mauvais esprits ne peuvent posséder un penseur mortel après qu'un Fils d'effusion du Paradis y ait vécu. Par contre, avant le séjour de Christ Micaël sur Urantia -- avant l'arrivée universelle des Ajusteurs de Pensée et l'effusion de l'esprit du Maître sur toute chair -- les médians rebelles étaient parfaitement capables d'influencer les pensées de certains mortels inférieurs et de contrôler quelque peu leurs actes. Ils y parvenaient d'une manière très analogue à celle des médians loyaux quand ceux-ci aident les penseurs humains du corps de réserve urantien de lot destinée à garder un contact efficace avec Dieu pendant que leur Ajusteur se détache en fait de leur personnalité pour une période de contact avec des intelligences supra-humaines.
Il ne s'agit pas d'une simple figure de rhétorique lorsque vos Ecritures disent: « Et ils lui amenèrent toutes sortes de malades, ceux qui étaient possédés par des démons et ceux qui étaient lunatiques » (1). Jésus savait et reconnaissait la différence entre la folie et la possession démoniaque, bien que ces états fussent grandement confondus dans la pensée de ses contemporains.
Même avant la Pentecôte, nul esprit rebelle ne pouvait dominer un penseur humain normal, et depuis ce jour, même les faibles cerveaux des mortels inférieurs échappent à cette possibilité. Depuis l'arrivée de l'Esprit de vérité, quand on prétend chasser des démons, on confond une croyance à la possession démoniaque avec l'hystérie, la folie, et la débilité mentale. L'effusion de Micaël a définitivement libéré tous les penseurs d'Urantia du risque d'une possession démoniaque, mais il ne faudrait pas imaginer pour cela que ce risque n'existait pas dans les âges antérieurs.
Tout le groupe des médians rebelles est actuellement en prison par ordre des Très Hauts d'Édentia. Ils ne sévissent plus dans ce monde, à l'affût de méfaits à commettre. Indépendamment de la présence des Ajusteur de Pensée, l'effusion de l'Esprit de Vérité sur toute chair a rendu pour toujours impossible aux esprits déloyaux, quelle que soit leur espèce ou leur nature, d'envahir à nouveau même le plus débile des penseurs humains. Depuis le jour de la Pentecôte, une chose telle que la possession démoniaque ne peut plus jamais exister.
(1) Matthieu IV-24.
6. -- LES MÉDIANS UNIS
Au dernier jugement de ce monde, lorsque Micaël dégagea les survivants endormis de l'époque, les médians furent laissés sur place pour aider au travail spirituel et semi-spirituel sur la planète. Ils opèrent maintenant comme un corps unique englobant les deux ordres et comptant 10.992 membres. Les Médians Unis d'Urantia sont actuellement gouvernés alternativement par le doyen de chaque ordre. Ce régime a prévalu depuis leur amalgamation en un seul groupe peu après la Pentecôte.
Les membres de l'ordre le plus ancien, ou primaire, sont généralement connus sous des numéros. On leur donne souvent des noms tels que 1 -- 2 -- 3 le premier, 4 -- 5 -- 6 le premier, et ainsi de suite. Sur Urantia, les médians adamiques sont désignés alphabétiquement pour les distinguer de l'appellation numérique des médians primaires.
Les êtres des deux ordres sont immatériels quant à la nourriture et à l'absorption d'énergie, mais ils partagent beaucoup de traits humains; ils peuvent prendre plaisir à votre humour et suivre votre culte. Quand ils sont attachés à des mortels, ils entrent dans l'esprit du travail, du repos, et du jeu humains, mais les médians ne dorment pas et ne possèdent pas de pouvoirs de procréation. En un certain sens, ceux du groupe secondaire sont différenciés selon les lignes masculine et féminine, et l'on parle souvent d'eux comme de « lui », ou « d'elle ». Des couples de cet ordre travaillent fréquemment ensemble.
Les médians ne sont ni des hommes ni des anges, mais par nature les médians secondaires sont plus proches des hommes que des anges. Ils appartiennent quelque peu a vos races, ce qui les rend très compréhensifs et compatissants dans leurs contacts avec les êtres humains. Ils apportent une aide inestimable aux séraphins dans leur travail en faveur des diverses races de l'humanité, et les deux ordres de médians sont indispensables aux séraphins qui servent de gardiens personnels aux mortels.
Les Médians Unis d'Urantia sont organisés pour servir avec les séraphins planétaires, selon leurs dons innés et leur habileté acquise, dans les quatre groupes suivants:
1. Les messagers médians. Ils portent des noms; ils forment un groupe peu nombreux et apportent une grande aide sur un monde évolutionnaire pour assurer des communications personnelles rapides et sûres.
2. Les sentinelles planétaires. Les médians sont les gardiens, les sentinelles des mondes de l'espace. Ils remplissent les importantes fonctions d'observateurs des nombreux phénomènes et types de communications qui présentent de l'intérêt pour les êtres surnaturels du royaume. Il patrouillent le domaine spirituel invisible de la planète.
3. Les personnalités de contact. Les médians sont toujours employés dans l'établissement de contacts avec les êtres mortels des mondes matériels, tels que le sujet par qui les présentes communications furent transmises. Ils sont un facteur essentiel de ces liaisons entre le niveau matériel et le niveau spirituel.
4. Les aides du progrès. Ce sont les médians les plus spiritualisés. Ils sont répartis comme assistants auprès des divers ordres de séraphins qui opèrent en groupes spéciaux sur la planète.
Les médians diffèrent considérablement dans leurs aptitudes à établir des contacts avec les séraphins au-dessus d'eux et avec leurs cousins humains au-dessous d'eux. Par exemple, il est extrêmement difficile aux médians primaires d'établir un contact direct avec des agents matériels. Ils sont beaucoup plus proches des êtres du type angélique, et sont donc habituellement affectés à travailler et à collaborer avec les forces spirituelles présentes sur la planète. Ils agissent comme compagnons et guides des visiteurs célestes et des hôtes estudiantins, tandis que les créatures secondaires sont presque exclusivement attachées au ministère des êtres matériels du royaume
Les 1.111 médians secondaires loyaux sont engagés dans d'importantes missions sur terre. Par comparaison avec leurs associés primaires ils sont nettement matériels. Ils existent juste au delà du champ de vision humain et possèdent une latitude d'adaptation suffisante pour établir à volonté un contact physique avec ce que les hommes appellent « des objets matériels ». Ces créatures uniques ont certains pouvoirs définis sur les choses du temps et de l'espace, y compris les animaux du royaume.
Beaucoup de phénomènes physiques attribués aux anges ont été accomplis par les médians secondaires. Lorsque les premiers apôtres de l'évangile de Jésus furent jetés en prison par les ignorants chefs religieux de l'époque, un véritable « ange du Seigneur ouvrit de nuit les portes de la prison et les conduisit dehors » (1). Par contre, dans le cas de la délivrance de Pierre après l'exécution de Jacques sur l'ordre d'Hérode, ce fut un médian secondaire qui accomplit le travail attribué à un ange (2).
Aujourd'hui, leur principal travail est celui d'associés invisibles assurant des liaisons personnelles entre les hommes et les femmes qui constituent le corps de réserve planétaire de la destinée. Ce fut l'oeuvre de ce corps secondaire, habilement aidé par quelques membres du corps primaire, qui incita finalement les superviseurs planétaires célestes à prendre l'initiative de certaines requêtes; celles-ci aboutirent à l'octroi des autorisations rendant possible la série de révélations dont le présent fascicule fait partie. Il y a lieu de préciser clairement que les créatures médianes ne sont pas impliquées dans les spectacles lamentables qui sont donnés sous le qualificatif général de « spiritisme ». Tous les médians résidant actuellement sur Urantia ont un statut honorable, et aucun n'a de connexion avec les phénomènes dits de « médiumnité ». En général, ils ne permettent pas aux humains d'être témoins de leurs activités physiques parfois nécessaires, ni de leurs autres contacts avec le monde matériel, tels que les sens humains les perçoivent.
| (1) Actes V-19. |
| (2) Actes XII-2 à 17. |
9. -- LES CITOYENS PERMANENTS D'URANTIA
Les médians peuvent être considérés comme le premier groupe d'habitants permanents rencontré sur des diverses sortes de mondes dans les univers; ils contrastent avec les ascendeurs évolutionnaires tels que les créatures humaines et les légions d'anges. On rencontre des citoyens permanents à divers points de l'ascension du Paradis.
Contrairement aux ordres variés d'êtres célestes affectés au service d'une planète, les créatures médianes font partie de la vie d'un monde habité. Les séraphins viennent et s'en vont, mais les médians restent et resteront, et le fait d'être nés sur la planète ne les empêche pas d'y servir de ministres. Ils assurent l'unique régime continu qui harmonise et relie les administrations changeantes des armées séraphiques.
En tant que citoyens réels d'Urantia, les médians portent un intérêt de parents à la destinée de cette sphère. Ils forment une association résolue, travaillant avec persistance au progrès de leur planète natale. Leur détermination ressort de la devise de leur ordre: « Ce que les Médians Unis entreprennent, les Médians Unis l'accomplissent ».
Bien que leur aptitude à traverser les circuits énergétiques rende possible à n'importe quel médian de quitter la planète, ils se sont engagés individuellement à ne pas partir avant le jour où les autorités l'univers les libéreront. Les médians sont fixés sur une planète jusqu'aux âges de lumière et de vie. A l'exception de 1 -- 2 -- 3 le premier, nul médian loyal n'est jamais parti d'Urantia.
1 -- 2 -- 3 le premier, doyen de l'ordre primaire, fut libéré de ses devoirs planétaires immédiats peu après la Pentecôte. Ce noble médian resta fermement aux côtés de Van et d'Amadon pendant les jours tragiques de la rébellion planétaire, et son commandement intrépide contribua à réduire les défections dans son ordre. Il sert à présent sur Jérusem comme membre du conseil des vingt-quatre, et il a déjà rempli une fois depuis la Pentecôte la fonction de gouverneur-général d'Urantia.
Les médians sont attachés à la planète; toutefois, de même que les mortels parlent aux voyageurs venus de loin et se renseignent ainsi sur les lieux lointains de la planète, de même les médians s'entretiennent avec des voyageurs célestes pour s'instruire de ce qui se passe dans les endroits éloignés de l'univers. Ils deviennent ainsi familiers avec leur système et leur univers local, et même avec Orvonton et ses créations soeurs, et ils se préparent de la sorte à la citoyenneté sur les niveaux supérieurs d'existence des créatures.
Les médians naissent pleinement adultes -- sans passer par une période de croissance ni de développement à partir de l'immaturité -- mais ils ne cessent jamais de croître en sagesse et en expérience. A l'instar des mortels, ils sont des créatures évolutionnaires et possèdent une culture qui est un accomplissement évolutionnaire valable. Il y a beaucoup de grands penseurs et de puissants esprits parmi les médians d'Urantia.
Sous un aspect plus large, la civilisation d'Urantia est la production conjointe des mortels et des médians de cette planète, et ceci reste vrai malgré la différence actuelle entre leurs deux niveaux de culture, différence qui ne sera pas comblée avant les âges de lumière et de vie.
La culture des médians est le produit d'un groupe de citoyens planétaires immortels; elle est donc relativement immunisée contre les vicissitudes temporelles qui assaillent la civilisation humaine. Les générations d'homme oublient, mais le corps des médians se souvient, et cette mémoire est le trésor des traditions sur votre monde habité. C'est pourquoi la culture d'une planète reste toujours présente sur cette planète; dans des circonstances appropriées, ces précieux souvenirs d'événements passés sont mis à la disposition des hommes. C'est ainsi que l'histoire de la vie et des enseignements de Jésus a été communiquée par les médians à leurs cousins incarnés (1).
| (1) Il est fait allusion ici à la Quatrième Partie de la présente Cosmogonie, qui fut entièrement rédigée par une Commission de Médians.
Notez que l'utilisation du mot "Cosmogonie" est due au libre-arbitre de Jacques Weiss. Le dictionnaire Robert dit concernant ce mot : "Théorie (scientifique ou mythique) expliquant la formation de l'univers, ou de certains objets célestes". J'ai déjà observé sur des forums Internet que des lecteurs avaient critiqué négativement le choix de M. Weiss sur ce sujet. |
Les médians sont les habiles ministres qui comblent le fossé, apparu après la mort d'Adam et d'Ève, entre les affaires matérielles et les affaires spirituelles d Urantia. Ils sont également vos frères aînés, vos compagnons dans la longue lutte pour atteindre sur Urantia un statut ancré de lumière et de vie. Les Médians Unis forment un corps à l'épreuve de la rébellion; ils joueront fidèlement leur rôle dans l'évolution planétaire jusqu'à ce que ce monde atteigne le but des âges, jusqu'au jour lointain où, en fait, la paix régnera sur terre et où, en vérité, il aura de la bienveillance dans le coeur les hommes.
À cause du précieux travail accompli par ces médians, nous avons conclu qu'ils forment une partie vraiment essentielle de l'économie spirituelle des royaumes. Sur les mondes où la rébellion n'a pas gâché les affaires planétaires, ils rendent encore plus de services aux séraphins.
Toute l'organisation des esprits supérieurs, des légions d'anges, et des compagnons médians se consacre avec enthousiasme à réaliser le plan du Paradis pour l'ascension progressive et l'aboutissement à la perfection des mortels évolutionnaires. C'est l'un des travaux célestes de l'univers -- le magnifique plan de survie consistant à faire descendre Dieu jusqu'à l'homme, et ensuite, par une sorte 'd'association sublime, de ramener l'homme à Dieu dans une éternité de service et une divinité d'accomplissement -- pour les mortels comme pour les médians.
[Présenté par un Archange de Nébadon.]
LE SECOND JARDIN
LORSQU'ADAM décida de quitter le premier jardin sans s'opposer aux Nodites, il ne pouvait aller vers l'ouest avec ses partisans, car les Édénites n'avaient pas de bateaux convenant à une telle aventure sur mer. Ils ne pouvaient aller vers le nord, car les Nodites du nord étaient déjà en marche vers Eden. Ils craignaient d'aller au sud, car les montagnes de cette région étaient infestées de tribus hostiles. La seule voie ouverte était vers l'est; ils s'orientèrent donc vers les régions alors plaisantes situées entre le Tigre et l'Euphrate. Beaucoup de ceux qui avaient été laissés en arrière prirent plus tard la route de l'Est pour rejoindre les Adamites dans leur nouvelle demeure de la vallée.
Caïn et Sansa naquirent tous deux avant que la caravane adamique eût atteint sa destination entre les deux fleuves de Mésopotamie. Laotta, la mère de Sansa, mourut à la naissance de sa fille. Eve eut des couches difficiles, mais survécut grâce à sa vigueur supérieure. Elle s'attacha à Sansa, l'enfant de Laotta, et l'éleva avec Caïn. Sansa grandit et montra de grandes facultés d'adaptation. Elle devint la femme de Sargan, chef des races bleues nordiques, et contribua au progrès des hommes bleus de cette époque.
1. -- LES ÉDÉNITES PÉNÈTRENT EN MÉSOPOTAMIE
Il fallut presque une année entière à la caravane d'Adam pour atteindre l'Euphrate. Ils le trouvèrent en crue et campèrent près de six semaines dans les plaines de l'ouest avant de le traverser pour pénétrer dans le pays situé entre les deux fleuves, qui allait devenir le second jardin.
Quand les habitants de ce territoire avaient appris que le roi et le grand-prêtre du Jardin d'Éden marchaient vers eux, ils avaient fui en hâte dans les montagnes de l'est. Lorsqu'Adam arriva, il trouva que tout le territoire désiré avait été évacué. C'est là, dans ce nouveau site, qu'Adam et ses aides se mirent au travail pour bâtir de nouvelles demeures et établir un nouveau centre de culture et de religion.
Adam savait que l'endroit était l'un des trois sites sélectionnés par le comité chargé de rechercher des emplacements possibles pour le Jardin proposé par Van et Amadon. Les deux fleuves eux-mêmes formaient à cette époque une bonne défense naturelle. Un peu au nord du second jardin, l'Euphrate et le Tigre se rapprochaient beaucoup, de sorte qu'il suffisait de construire une muraille d'une centaine de kilomètres pour protéger le territoire vers le sud et entre e fleuves.
Après l'installation dans le nouvel Éden, il devint nécessaire d'adopter des méthodes de vie rudimentaires; il semblait véritablement que la terre était maudite. La nature suivait à nouveau son libre cours. Les Adamites étaient maintenant contraints d'arracher leur subsistance à une terre vierge et de faire face aux réalités de la vie devant les hostilités et incompatibilités naturelles de l'existence humaine. Ils avaient trouvé le premier jardin partiellement prépare' pour eux, mais il leur fallut créer le second car le travail de leurs propres mains et à sueur de leur front(1).
(1) Genèse III-19.
2. -- CAIN ET ABEL
Moins de deux ans après Caïn naquit Abel, le premier enfant d'Adam et Ève né dans le second jardin. Quand Abel eut grandi, il décida de devenir pâtre; Caïn avait choisi la voie de l'agriculture.
Or, en ces temps-là, on avait l'habitude de faire offrande au clergé de ce que l'on avait à portée de la main. Les pâtres apportaient des animaux de leurs troupeaux les fermiers, des fruits des champs;selon cette coutume, Caïn et Abel faisaient également des offrandes périodiques aux prêtres. Les deux garçons avaient maintes fois discuté des mérites respectifs de leurs métiers, et Abel ne fut pas long à noter que l'on marquait de la référence pour ses sacrifices d'animaux. C'est en vain que Caïn fit appel à la tradition du premier Éden, à l'ancienne préférence pour les fruits des champs. Abel ne voulut pas l'admettre et se gaussa de son aîné déconfit.
Au temps du premier Éden, Adam avait vraiment cherché à décourager les offrandes d'animaux sacrifiés, de sorte que Cain avait un précédent pour justifier ses prétentions. Il était toutefois difficile d'organiser la vie religieuse du second Éden. Adam était harassé par mille et un détails associés au travail de construction, de défense, et d'agriculture. Étant spirituellement très déprimé, il confia l'organisation du culte et de l'éducation aux collaborateurs de souche nodite qui avaient déjà occupé ces fonctions dans le premier jardin; même dans un délai aussi bref, les prêtres nodites officiants commencèrent à revenir aux normes et aux règles des temps pré-adamiques.
Les deux garçons ne s'entendirent jamais bien, et cette affaire de sacrifices contribua encore à aviver la haine entre eux. Abel savait qu'il était le fils d'Adam et d'Ève et ne manquait jamais de faire ressortir à Caïn qu'Adam n'était pas son père. Caïn n'était pas de pure race violette, puisque son père appartenait à la race nodite croisée ultérieurement avec les hommes bleus et rouges et avec la souche andonique aborigène. Tout cela, ainsi que son hérédité naturelle belliqueuse, amena Caïn à haïr de plus en plus son jeune frère.
Les jeunes gens avaient respectivement dix-huit et vingt ans lorsque la querelle entre eux fut définitivement réglée. Un jour, les sarcasmes d'Abel mirent son frère combatif dans une telle fureur que Caïn se précipita sur lui et le tua.
L'analyse de la conduite d'Abel établit la valeur de l'entourage et de l'éducation comme facteurs de développement du caractère. Abel avait un héritage idéal, et l'hérédité gît au fond de tout caractère, mais l'influence d'une ambiance inférieure neutralisa virtuellement ce legs magnifique. Abel fut grandement influencé, surtout dans ses premières années, par son entourage défectueux. Il serait devenu une personne entièrement différente s'il avait vécu jusqu'à vingt-cinq ou trente ans; sa superbe hérédité se serait fait jour. Alors qu'un bon entourage ne peut guère contribuer à triompher réellement des handicaps de caractère,un mauvais entourage peut très efficacement gâter une excellente hérédité, au moins durant les premières années de la vie. Un bon milieu social et une éducation convenable forment le terrain et l'atmosphère indispensables pour tirer le meilleur parti d'une bonne hérédité.
Les parents d'Abel connurent sa mort lorsque ses chiens ramenèrent ses troupeaux à la maison sans leur maître. Caïn devenait rapidement pour Adam et Ève le sinistre souvenir de leur folie; ils l'encouragèrent dans sa décision de quitter le Jardin.
La vie de Caïn en Mésopotamie n'avait pas été franchement heureuse, parce qu'il symbolisait la faute d'une manière trop frappante. Ceux qui l'entouraient n'étaient pas méchants avec lui, mais il se rendait compte que dans leur subconscient ils éprouvaient de la rancune contre lui. Caïn ne portait pas de marque tribale et savait qu'en conséquence il serait tué par les premiers hommes des tribus voisines qui le rencontreraient (1). La peur et un certain remords l'amenèrent à se repentir. Caïn n'avait jamais été habité par un Ajusteur, il avait toujours bravé la discipline familiale et dédaigné la religion de son père. Il alla maintenant trouver sa mère pour lui demander de l'aide et des directives spirituelles, et dès qu'il rechercha sincèrement l'assistance divine, un Ajusteur lui arriva. Cet Ajusteur, habitant à l'intérieur et regardant à l'extérieur, donna à Caïn un net avantage de supériorité qui le classa avec la tribu d'Adam (2), laquelle était grandement crainte.
Caïn partit donc pour le pays de Nod, à l'est du second jardin. Il devint un grand chef parmi l'un des groupes du peuple de son père et accomplit dans une certaine mesure les prédictions de Sérapatatia, car il établit la paix durant toute sa vie entre sa division de Nodites et les Adamites. Caïn épousa Remona, sa cousine éloignée, et leur premier fils Enoch devint chef des Nodites Elamites. Pendant des siècles les Elamites et les Adamites continuèrent à vivre en paix.
| (1) Cf. Genèse IV-14. |
| (2) Cf. Genèse IV-15. |
3. -- LA VIE EN MÉSOPOTAMIE
À mesure que le temps passait dans le second jardin, les conséquences de la faute devenaient de plus en plus apparentes. Adam et Ève souffraient beaucoup d'être privés de leur ancienne demeure de beauté et de tranquillité et de leurs enfants déportés sur Édentia. Il était vraiment pathétique d'observer ce magnifique couple réduit au statut de l'incarnation ordinaire du royaume; il supportait avec grâce et courage son état diminué.
Adam passait sagement la majeure partie de son temps à enseigner à ses enfants et à ses associés l'administration civile, les méthodes éducatives, et les pratiques religieuses. S'il n'avait pas eu cette prévoyance, un pandémonium se serait déchaîné au moment de sa mort. En fait, la mort d'Adam apporta peu de changements dans les affaires de son peuple. Longtemps avant leur disparition, Adam et Ève avaient reconnu que leurs enfants et leurs partisans avaient graduellement appris à oublier leurs jours de gloire dans en Éden. Pour la majorité de leurs partisans, il valait mieux oublier la grandeur d'Éden; de la sorte, ils avaient moins de chances d'éprouver un mécontentement injustifié dans leur entourage moins heureux.
Les chefs civils des Adamites descendaient héréditairement des fils du premier jardin. Le premier fils d'Adam, Adamson (Adam ben Adam), fonda un centre secondaire de la race violette au nord du second Éden. Le deuxième fils d'Adam, Eveson, devint un chef et un administrateur magistral; il fut le grand collaborateur de son Père, Eveson ne vécut pas tout à fait aussi longtemps qu'Adam, et son fils aîné Juntsad devint le successeur d'Adam à la tête des tribus adamiques.
Les chefs religieux (la prêtrise) commencèrent avec Seth, le plus âgé des fils survivants d'Adam et d'Ève nés dans le second jardin. Il naquit cent vingt-neuf ans après l'arrivée d'Adam sur Urantia. Seth se plongea dans le travail d'améliorer le statut spirituel du peuple de son père et devint le chef des nouveaux prêtres du second jardin. Son fils Enos fonda le nouveau culte, et son petit-fils Kenan institua le service des missionnaires auprès des tribus environnantes, proches et lointaines.
Le clergé séthite fut une entreprise triple embrassant la religion, la santé, et l'éducation. On enseignait aux prêtres de cet ordre à officier aux cérémonies religieuses, a servir comme médecins et inspecteurs d'hygiène, et à être professeurs dans les écoles du jardin.
La caravane d'Adam avait transporté les semences et les bulbes de centaines de plantes du premier jardin jusqu'au pays situé entre les deux fleuves. Elle avait aussi amené de vastes troupeaux et quelques spécimens de tous les animaux domestiques. Cela lui valait de grands avantages sur les tribus voisines. Elle profitait de nombreux bienfaits de la culture antérieure du Jardin originel.
Jusqu'au moment de quitter le premier jardin, Adam et sa famille avaient toujours vécu de fruits, de céréales, et de noix. Sur la route de Mésopotamie, ils avaient pour la première fois mangé des herbes et des légumes. La consommation de la viande fut pratiquée de bonne heure dans le second jardin, mais Adam et Ève ne l'introduisirent jamais dans leur menu régulier. Adamson, Eveson, et tous les enfants de la première génération du premier jardin ne devinrent pas non plus des mangeurs de viande.
Les Adamites dépassaient considérablement les peuplades environnantes en accomplissements culturels et en développement intellectuel. Ils produisirent le troisième alphabet et posèrent de nombreux fondements avant-coureurs de l'art, de la science, et de la littérature modernes. Ici, dans les pays compris entre le Tigre et l'Euphrate, ils conservèrent les arts de l'écriture, du travail des métaux, de la poterie, et du tissage. Ils élaborèrent un type d'architecture qui ne fut pas dépassé pendant des millénaires
La vie de famille des hommes violets était idéale pour leur époque et leur ère. Les enfants étaient soumis à des cours d'entraînement concernant l'agriculture, l'artisanat, et l'élevage. ou alors on leur apprenait à remplir la triple charge d'un Séthite: être prêtre, médecin, et instructeur.
Quand vous penserez aux prêtres séthites, ne confondez pas ces nobles professeurs de santé et de religion, ces vrais éducateurs et penseurs supérieurs, avec les clergés avilis et commerciaux des tribus ultérieures et des nations environnantes. Leurs concepts religieux de la Déité et de l'univers étaient élevés et plus ou moins exacts; leurs règles hygiéniques étaient excellentes pour l'époque, et leur méthodes d'éducation n'ont jamais été dépassées depuis lors.
4. -- LA RACE VIOLETTE
Adam et Ève furent les fondateurs de la race violette, la neuvième race humaine apparue sur Urantia. Adam et sa descendance avaient des yeux bleus, et les hommes de la race violette étaient caractérisés par des teints clairs et des cheveux blonds (jaunes, roux, et châtains).
Ève accouchait sans douleur, ainsi que les femmes des races évolutionnaires primitives. Seules les femmes des races mixtes issues de l'union des races évolutionnaires avec les Nodites et plus tard avec les Adamites éprouvaient de violentes douleurs à la naissance d'un enfant.
À l'instar de leurs semblables sur Jérusem, Adam et Ève tiraient leur énergie d'une double nutrition; ils absorbaient à la fois de la nourriture et de la lumière, et en outre certaines énergies hyperphysiques non révélées sur Urantia. Leurs descendants terrestres n'héritèrent pas de ce don ancestral d'absorption d'énergie et de circulation de la lumière. Ils avaient une circulation simple du type humain d'entretien par le sang. C'est a dessein qu'ils étaient mortels tout en ayant une longue vie, mais à chaque génération successive leur longévité diminuait et se rapprochait des normes humaines.
Adam et Ève et leurs enfants de la première génération ne mangeaient pas de viande. Ils subsistaient entièrement avec « les fruits des arbres » (1). Après la première génération,, tous les descendants d'Adam commencèrent à manger des laitages, mais beaucoup d'entre eux continuèrent à suivre un régime sans viande, comme le pratiquaient de nombreuses tribus du sud avec lesquelles ils s'unirent ultérieurement. Plus tard, la plupart de ces tribus émigrèrent vers l'est à survécurent telles qu'elles sont actuellement mêlées aux peuples de l'Inde.
(1) Cf. Genèse II-16.
Adam et Ève avaient une vue physique et une vue spirituelle toutes deux très supérieures à celles des peuples d'aujourd'hui. Leurs sens spéciaux étaient beaucoup plus aiguisés; ils étaient capables de voir les médians et les légions d'anges, les Melchizédeks, et Caligastia, le Prince déchu qui vint plusieurs fois conférer avec son noble successeur. Pendant plus de cent ans après la faute, ils conservèrent leur aptitude à voir les êtres célestes. Ces sens spéciaux étaient moins aiguisés chez leurs enfants et tendaient à diminuer avec chaque génération successive.
Les enfants adamiques étaient généralement habités par un Ajusteur, car ils possédaient tous une capacité indubitable de survivre. Ces descendants supérieurs n'étaient pas aussi sujets à la peur que les enfants évolutionnaires. Si la peur persiste à un tel degré chez les races modernes d'Urantia, c'est parce que vos ancêtres ont reçu très peu de plasma vital d'Adam à cause de l'échec rapide des plans d'élévation physique raciale.
Les cellules du corps des Fils Matériels et de leur progéniture sont beaucoup plus résistantes aux maladies que celles des êtres évolutionnaires natifs de la planète. Les cellules corporelles des races indigènes sont apparentées aux organismes vivants microscopiques et ultra-microscopiques qui engendrent les maladies. Ces faits expliquent pourquoi les peuples d'Urantia doivent fournir tant d'efforts dans la voie de la science pour résister à tant de désordres physiques. Vous résisteriez beaucoup mieux aux maladies s'il coulait dans les veines de vos races plus de sang adamique.
Après s'être établi dans le second jardin donnant sur l'Euphrate, Adam décida de laisser après lui le maximum possible de son plasma vital pour en faire bénéficier le monde après sa mort. Ève fut mise à la tête d'une commission de douze personnes pour l'amélioration de la race et, avant la mort d'Adam, cette commission avait choisi 1 682 femmes du type le plus évolué d'Urantia, qui furent toutes fécondées par le plasma vital adamique. A l'exception de 112, leurs enfants atteignirent tous l'âge adulte, de sorte que le monde bénéficia ainsi d'un supplément de 1.570 hommes et femmes supérieurs. Ces candidates à la maternité furent choisies dans toutes les tribus environnantes et représentaient la majorité des races de la terre, mais la plupart d'entre elles descendaient des lignées supérieures des Nodites et elles formèrent le début de la puissante race Andite. Leurs enfants naquirent et furent élevés dans l'ambiance des tribus de leurs mères respectives.
5. -- LA MORT D'ADAM ET D'ÈVE
Peu après l'établissement du second Éden, Adam et Ève furent dûment informés que leur repentir était acceptable, qu'ils seraient cependant condamnés à subir le sort des mortels de leur monde, mais qu'ils pourraient certainement être admis aux rangs des survivants endormis d'Urantia. Ils crurent pleinement à cet évangile de résurrection et de réhabilitation que les Melchizédeks leur avaient annoncé de façon si touchante. Leur transgression avait été une erreur de jugement et non le péché d'une rébellion consciente et délibérée.
En tant que citoyens de Jérusem, Adam et Ève n'avaient pas d'Ajusteur de Pensée, et n'en eurent pas non plus sur Urantia durant leur séjour dans le premier Jardin. Peu après leur réduction au statut mortel, il eurent conscients d'une nouvelle présence en eux et s'éveillèrent à la notion que le statut humain accompagné d'un repentir sincère avaient rendu possible à des Ajusteurs de les habiter. Le fait de savoir qu'ils étaient habités par un Ajusteur encouragea grandement Adam et Ève durant tout le reste de leur vie. Ils savaient qu'ils avaient échoué comme Fils et Fille matériels de Satania, mais ils savaient que la carrière du Paradis leur restait ouverte en tant qu'ascendeurs de l'univers.
Adam connaissait la résurrection dispensationnelle qui avait eu lieu simultanément avec son arrivée sur la planète, et il croyait que lui et sa compagne seraient probablement repersonnalisés en connexion avec l'arrivée de l'ordre suivant de filiation. Il ne savait pas que Micaël, souverain de l'univers local, devait bientôt apparaître sur Urantia. Il s'attendait, à ce que le prochain Fils à venir fût de l'ordre des Avonals. Même ainsi, ce fut toujours un réconfort pour Adam et Ève de méditer l'unique message personnel qu'ils reçurent jamais de Micaël, bien qu'il représentât pour eux quelque chose de difficile à comprendre. Parmi d'autres expressions d'amitié et d'encouragement ce message disait: « J'ai pris en considération les circonstances de votre faute. Je me suis rappelé le désir de votre coeur d'être toujours fidèles à la volonté de mon Père. Vous serez rappelés de l'étreinte du sommeil mortel quand je viendrai sur Urantia, si les Fils subordonnés de mon royaume ne vous envoient pas chercher auparavant ».
Ce fut un grand mystère pour Adam et Ève. Ils pouvaient comprendre dans ce message la promesse de la possibilité d'une résurrection spéciale, mais ne pouvaient saisir ce que signifiait la notification qu'ils pourraient reposer jusqu'à l'époque d'une résurrection associée à l'apparition personnelle de Micaël sur Urantia. Le couple édénique proclama donc toujours qu'un Fils de Dieu viendrait un jour. Ils communiquèrent à ceux qu'ils aimaient la croyance, ou au moins l'espoir ardent, que le monde de leurs erreurs et de leurs chagrins pourrait être le royaume où le souverain de cet univers déciderait d'agir comme Fils paradisiaque d'effusion. Cela semblait trop beau pour être vrai, mais Adam garda l'idée qu'Urantia déchirée de luttes pourrait, après tout, devenir le monde le plus heureux du système de Satania et la planète la plus enviée de tout Nébadon.
Adam vécut 530 ans; il mourut de ce que l'on peut appeler vieillesse. Son mécanisme physique finit simplement par s'user; le processus de désagrégation gagna sur le processus de réparation, et la fin inévitable arriva. Ève était morte dix-neuf ans auparavant d'une faiblesse du coeur. Ils furent tous deux enterrés au centre du temple de service divin qui avait été construit selon leurs plans peu après que la muraille de la colonie eût été achevée. Ce fut l'origine de la coutume d'enterrer les pieux notables des deux sexes sous le dallage des lieux de culte.
Sous la direction des Melchizédeks, le gouvernement supra-matériel d'Urantia continua, mais le contact physique direct avec les races évolutionnaires avait été rompu. Depuis les temps lointains de l'arrivée de l'état-major corporel du Prince Planétaire, en passant par l'époque de Van et d'Amadon, et jusqu'à l'arrivée d'Adam et d'Ève, des représentants physiques du gouvernement de l'univers avaient toujours été stationnés sur la planète. Avec la faute adamique, ce régime prit fin après avoir duré 450.000 ans. Dans les sphères spirituelles, des aides angéliques continuèrent à lutter en conjonction avec les Ajusteurs de Pensée, les deux groupes travaillant héroïquement à sauver la civilisation; nul plan détaillé et complet pour le bien-être du monde à longue échéance ne fut promulgué aux mortels de la terre avant l'arrivée de Machiventa Melchizédek à l'époque d'Abraham. Avec le pouvoir, la patience ,et l'autorité d'un Fils de Dieu, celui-ci posa les fondements d'un nouveau relèvement et d'une réhabilitation spirituelle de la malheureuse Urantia.
L'infortune n'a cependant pas été le seul lot d'Urantia; cette planète a aussi été la plus heureuse dans l'univers local de Nébadon. Les erreurs des ancêtres des Urantiens et les fautes des premiers dirigeants de ce monde ont plongé la planète dans un état de confusion désespéré encore intensifié par le mal et le péché. Les Urantiens doivent estimer entièrement bénéfique que cet arrière-plan de ténèbres ait si fortement attiré l'attention de Micaël de Nébadon qu'il choisit cette planète comme cadre pour y révéler la personnalité aimante du Père céleste. Ce n'est pas parce qu'Urantia avait besoin d'un Fils créateur pour remettre en ordre ses affaires embrouillées; c'est plutôt parce que le mal et le péché sur Urantia offraient au Fils Créateur un arrière-plan plus frappant pour révéler l'amour, la miséricorde. à la patience incomparables du Père du Paradis.
6. -- LA SURVIE D'ADAM ET D'ÈVE
Adam et Ève entrèrent dans leur repos mortel avec une foi solide dans les assurances des Melchizédeks. Ceux-ci leur avaient promis qu'ils s'éveilleraient un jour du sommeil de la mort pour recommencer a vivre sur les mondes des maisons qui leur étaient si familiers avant leur mission d'incarnation dans la chair de la race violette d'Urantia.
Ils ne restèrent pas longtemps dans l'oubli du sommeil inconscient des mortels du royaume. Le troisième jour après la mort d'Adam, le surlendemain de son respectueux enterrement, Lanaforge prescrivit un appel nominal spécial des survivants remarquables de la faute adamique sur Urantia. Ses ordres, confirmés par le Très Haut d'Édentia en fonction et ratifiés par l'Union des Jours de Salvington agissant au nom de Micaël, furent remis à Gabriel. En conformité avec ce commandement de résurrection spéciale portant le numéro 26 de la série d'Édentia Adam et Ève furent repersonnalisés et reconstitués dans la salle de résurrection des mondes des maisons de Satania en même temps que 1.316 de leurs compagnons de l'expérience du premier jardin. De nombreuses autres âmes loyales' avaient déjà été transférées au moment de l'arrivée d'Adam sur Urantia, qui fut accompagnée d'un jugement dispensationnel des survivants endormis et des ascendeurs vivants qualifiés.
Adam et Ève passèrent rapidement par les mondes d'ascension progressive et atteignirent la citoyenneté de Jérusem. Ils redevenaient ainsi résidents de leur planète d'origine, mais cette fois-ci comme membres d'un ordre différent de personnalités de l'univers. Ils avaient quitté Jérusem comme citoyens permanents -- Fils de Dieu; ils y revenaient comme citoyens ascendants -- Fils de l'homme. Ils furent immédiatement attachés au service d'Urantia sur la capitale systémique, et furent plus tard nommés membres du conseil des vingt-quatre qui constitue actuellement le corps de contrôle consultatif d'Urantia.
Ainsi se termine l'histoire de l'Adam et de l'Ève Planétaires d'Urantia, une histoire d'épreuves, de tragédie, et de triomphe, au moins de triomphe pour votre Fils et votre Fille Matériels bien intentionnés, mais induits en erreur. A la fin, ce sera indubitablement aussi une histoire de triomphe pour leur monde et ses habitants ballottés par la rébellion et assaillis par le mal. En résumé, Adam et Ève ont puissamment contribué à accélérer la civilisation et le progrès biologique de la race humaine. Ils laissèrent sur terre une grande culture, mais cette civilisation était trop avancée devant la dilution prématurée et le naufrage final de l'héritage d'Adam. Ce sont les peuples qui créent une civilisation; la civilisation ne crée pas les peuples.
[Présenté par Solonia, « la voix séraphique dans le Jardin »]
LA FAUTE D'ADAM ET D'ÈVE
APRÈS plus de cent ans d'efforts sur Urantia, Adam ne pouvait constater que très peu de progrès à l'extérieur du Jardin; le monde en général ne semblait guère se perfectionner. L'amélioration de la race paraissait bien lointaine et la situation semblait désespérée au point de nécessité un remède non prévu dans les plans originaux. Du moins c'est ce qui traversait souvent la pensée d'Adam, et il en fit bien des fois part à Ève. Adam et sa compagne étaient loyaux, mais ils étaient isolés de leurs semblables et très affligés du triste état de leur monde.
1. -- LE PROBLÈME D'URANTIA
La tâche adamique sur Urantia, planète expérimentale, déchirée par la rébellion, et isolée, était une entreprise formidable. Le Fils et la Fille Matériels ne tardèrent pas à se rendre compte de la difficulté et de la complexité de leur rôle planétaire. Néanmoins, ils se mirent courageusement à l'oeuvre pour résoudre leurs nombreux problèmes, mais quand ils s'attaquèrent au travail majeur d'éliminer les anormaux et les dégénérés des lignées humaines, ils furent tout à fait consternés. Ils ne voyaient aucun moyen de sortir du dilemme et ne pouvaient prendre conseil de leurs supérieurs ni sur Jérusem ni sur Édentia. Ils étaient là, isolés et confrontés jour après jour par quelque imbroglio nouveau et compliqué ou par quelque problème apparemment insoluble.
Dans des conditions normales, le premier travail d'un Adam et d'une Ève Planétaire eût été de coordonner et de mélanger les races. Mais sur Urantia ce projet semblait a peu près sans espoir, car les races étaient bien prêtes biologiquement, mais n'avaient jamais été débarrassées de leurs lignées retardataires et défectueuses.
Adam et Ève se trouvaient sur une sphère qui n'était aucunement préparée pour la proclamation de la fraternité des hommes, un monde tâtonnant dans des ténèbres spirituelles pitoyables, maudit par le désordre et pis encore, damné par l'avortement de la mission de l'administration précédente. La pensée et la morale étaient à un bas niveau, et au lieu d'essayer d'aboutir à l'unité religieuse, le Fils et la Fille Matériels devaient recommencer complètement la conversion des habitants aux plus simples formes de croyance religieuse. Au lieu de trouver un langage prêt à être adopté, ils devaient faire face a la confusion mondiale de centaines et centaines de dialectes locaux. Nul Adam du service planétaire ne fut jamais attaché à un monde plus difficile; les obstacles semblaient insurmontables et les problèmes insolubles pour ces créatures.
Adam et Ève étaient isolés, et le prodigieux sentiment de solitude qui s'appesantissait sur eux fut encore accru par le départ assez rapide des syndics Melchizédeks. C'est seulement indirectement, par le truchement des ordres angéliques, qu'ils pouvaient communiquer avec un être quelconque extérieur à la planète. Leur courage allait s'affaiblissant, leur entrain se perdait, et leur foi vacillait.
Telle est la véritable image de la consternation de ces deux âmes tandis qu'elles réfléchissaient aux tâches qui les confrontaient. Toutes deux se rendaient compte avec acuité de l'énorme entreprise qu'impliquait l'exécution de leur mission planétaire.
Il est probable que jamais des Fils Matériels de Nébadon n'eurent à faire face à une tâche aussi difficile, et apparemment désespérée, qu'Adam et Ève devant la pénible situation d'Urantia. Ils auraient cependant fini par réussir s'ils avaient été plus perspicaces et plus patients. Tous deux, et spécialement Ève, étaient vraiment trop impatients; ils répugnaient à s'atteler à la longue, très longue épreuve d'endurance. Ils désiraient voir des résultats immédiats, et ils les virent, mais les résultats ainsi acquis se révélèrent désastreux pour eux-mêmes et pour leur planète.
2. -- LE COMPLOT DE CALIGASTIA
Caligastia faisait de fréquentes visites au Jardin et eut de nombreux entretiens avec Adam et Ève, mais il les trouva intransigeants devant toutes ses suggestions de compromis et de raccourcis aventureux. Ils avaient devant eux un tableau suffisant des résultats de la rébellion pour être efficacement immunisés contre toutes ces propositions insidieuses. Les ouvertures de Caligastia restaient sans influence même sur les jeunes descendants d'Adam. Bien entendu, ni Caligastia ni son associé n'avaient le pouvoir d'influencer une personne quelconque contre sa volonté, et encore moins de persuader les enfants d'Adam de mal faire.
Il faut se rappeler que Caligastia était encore en titre le Prince Planétaire d'Urantia, un Fils égaré, mais néanmoins élevé, de l'univers local. Il ne fut définitivement déposé que lors du passage de Christ Micaël sur Urantia (1).
Mais le Prince déchu était persévérant et résolu. Il renonça bientôt à convaincre Adam et décida de tenter une perfide attaque de flanc contre Ève. Le scélérat conclut que son unique espoir de réussite résidait dans l'emploi adroit de personnes qualifiées appartenant aux couches supérieures du groupe nodite, les descendants des anciens associés de son état-major corporel. Il établit ses plans en conséquence pour prendre au piège la mère de la race violette.
Ève n'eut jamais la moindre intention de faire quoi que ce soit pour desservir les plans d'Adam ou compromettre leur mission planétaire de confiance. Connaissant la tendance des femmes à rechercher des résultats immédiats plutôt que de faire avec prévoyance des plans à effets plus lointains, les Melchizédeks, avant leur départ, avaient soigneusement mis Ève en garde contre les dangers spéciaux menaçant sa position isolée sur la planète, et en particulier ils l'avaient avertie de ne jamais se désolidariser de son mari, c'est-à-dire de ne pas essayer de méthodes secrètes ou personnelles pour faire progresser leurs entreprises communes. Ève avait scrupuleusement suivi ces instructions pendant plus de cent ans, et il ne lui était pas venu à l'idée qu'un danger s'attacherait aux visites de plus en plus privées et confidentielles que lui faisait un chef nodite nommé Sérapatatia. Toute l'affaire se développa si graduellement et si naturellement qu'Ève fut prise au dépourvu.
Les habitants du Jardin avaient été en contact avec les Nodites depuis les premiers jours du Jardin. Ils avaient reçu beaucoup d'aide et une précieuse collaboration de ces descendants mixtes des membres défaillants de l'état-major de Caligastia, et c'était par les Nodites que le régime édénique allait maintenant subir sa ruine complète et sa déroute définitive.
(1) Cf. Luc X-18.
3. -- LA TENTATION D'ÈVE
Adam venait d'achever son premier siècle de séjour sur terre lorsque Sérapatatia, ayant perdu son père, devint chef de la confédération occidentale ou syrienne des tribus nodites. Sérapatatia était un homme au teint brun, un brillant descendant de l'ancien chef de la commission de la santé à Dalamatia, qui avait épousé une femme de la race bleue douée d'une des intelligences les plus remarquables de ces temps lointains. À travers toutes les générations, cette lignée avait détenu l'autorité et exercé une grande influence sur les tribus nodites occidentales.
Sérapatatia avait fait plusieurs visites au Jardin et avait été profondément impressionné par la droiture de la cause d'Adam. Peu après avoir pris le commandement des Nodites syriens, il annonça son intention d'établir des attaches avec le travail d'Adam et d'Ève dans le Jardin. La majorité de son peuple le suivit dans ce programme, et Adam fui réconforté par la nouvelle que la plus puissante et la plus intelligente des tribus voisines s'était ralliée presque en bloc au soutien de son programme pour améliorer le monde; c'était nettement encourageant. Peu après ce grand événement, Adam et Ève reçurent Sérapatatia et son nouvel état-major dans leur propre maison.
Sérapatatia devint l'un des lieutenants d'Adam les plus capables et les plus efficaces. Il était entièrement honnête et complètement sincère dans toutes ses activités. Il ne fut jamais conscient, même plus tard, que l'astucieux Caligastia se servait de lui comme d'un instrument accessoire.
Bientôt Sérapatatia devint vice-président de la commission édénique des relations tribales, et de nombreux plans furent préparés pour poursuivre plus vigoureusement le ralliement des tribus lointaines à la cause du Jardin.
Il eut de nombreuses conférences avec Adam et Ève -- spécialement avec Ève -- où ils discutèrent bien des projets pour améliorer leurs méthodes. Un jour, durant une conversation avec Ève, Sérapatatia eut l'idée qu'en attendant de pouvoir recruter un grand nombre des représentants de la race violette, il serait très utile de faire immédiatement quelque chose pour l'avancement nécessaire des tribus arriérées. Sérapatatia soutint que si les Nodites, la race la plus progressiste et la plus coopérative, pouvaient avoir un chef qui naisse chez eux avec une part de sang violet, cela constituerait un lien puissant qui attacherait plus étroitement ces peuplades au Jardin. Tout ceci fut sérieusement et honnêtement considéré comme bénéfique pour le monde, puisque l'enfant, qui devait être élevé et instruit dans le Jardin, exercerait une grande influence bénéfique sur le peuple de son père.
Il y a lieu de souligner à nouveau que Sérapatatia était complètement honnête et totalement sincère dans toutes ses propositions. Jamais il ne soupçonna qu'il jouait le jeu de Caligastia et de Daligastia. Sérapatatia était entièrement fidèle au plan consistant à accumuler une forte réserve de la race violette avant de tenter le relèvement à l'échelle mondiale des peuplades confuses d'Urantia. Mais cela demanderait des centaines d'années pour être accompli, et il était impatient. Il voulait obtenir quelques résultats immédiats -- des choses qu'il puisse voir pendant sa vie. Il fit comprendre clairement à Ève qu'Adam était souvent découragé par le peu de résultats qu'il avait obtenus pour élever le monde.
Pendant plus de cinq ans, ces plans furent mûris secrètement. À la fin ils avaient atteint le point où Ève consentit à avoir un entretien secret avec Cano, le penseur le plus brillant et le chef le plus actif de la colonie voisine des Nodites sympathisants. Cano avait une grande estime pour le régime adamique; en fait, il était le sincère chef spirituel des Nodites des environs qui souhaitaient des relations amicales avec le Jardin.
La réunion fatale eut lieu au crépuscule d'un soir d'automne, non loin de la demeure d'Adam. Ève n'avait encore jamais rencontré le beau et enthousiaste Cano -- qui était un magnifique spécimen de survie de la structure corporelle supérieure et de la remarquable intelligence de ses lointains ancêtres de l'état-major du Prince. Cano, lui aussi, croyait entièrement à la droiture du projet de Sérapatatia. (En dehors du Jardin, la polygamie se pratiquait couramment.)
Influencée par la flatterie, l'enthousiasme, et une grande force de persuasion personnelle, Ève consentit séance tenante à se lancer dans l'entreprise tant discutée, et à ajouter son petit projet de salut du monde au plan divin plus vaste et de plus grande envergure. Avant d'avoir tout à fait réalisé ce qui se passait, le pas fatal avait été franchi. C'en était fait.
4. -- LA PORTÉE DE LA FAUTE
Les êtres célestes vivant sur la planète étaient en émoi. Adam reconnut que quelque chose allait mal et demanda à Ève de venir auprès de lui dans le Jardin. Alors, pour la première fois, Adam entendit l'histoire du plan longuement mûri pour accélérer le progrès du monde en opérant simultanément dans deux directions: la poursuite du plan divin concomitante avec l'exécution du projet de Sérapatatia.
Tandis que le Fils et la Fille Matériels s'entretenaient ainsi dans le Jardin éclairé par la lune, « la voix dans le Jardin » leur reprocha leur désobéissance. Cette voix n'était autre que la mienne, lorsque j'annonçai au couple édénique qu'il avait transgressé le pacte du Jardin, désobéi aux instructions des Melchizédeks, et failli à son serment de fidélité au souverain de l'univers.
Ève avait consenti à participer à la pratique du bien et du mal. Le bien est l'exécution des plans divins; le péché est une transgression délibérée de la volonté divine; le mal est le défaut d'adaptation des plans et d'ajustement des techniques qui se traduit par l'inharmonie de l'univers et le désordre de la planète.
Chaque fois que le couple du Jardin avait mangé du fruit de l'arbre de vie, l'archange gardien les avait prévenus qu'il fallait s'abstenir de céder aux suggestions de Caligastia tendant à conjuguer le bien et le mal. Ils avaient été avertis dans les termes suivants: « Le jour où vous mélangerez le bien et le mal, vous ressemblerez sûrement aux mortels du royaume; vous mourrez certainement » (1).
Lors de l'occasion fatale de leur rencontre secrète, Ève avait signalé à Cano cet avertissement souvent répété, mais Cano, ne connaissant ni l'importance ni le sens de ces remontrances, l'avait assurée que des hommes et des femmes ayant de bons mobiles et des intentions sincères ne pouvaient faire de mal, que sûrement elle ne mourrait pas (2) mais vivrait plutôt à nouveau dans la personne de son enfant qui grandirait pour bénir et stabiliser le monde.
Bien que ce projet de modifier le plan divin eût été conçu et exécuté avec une entière sincérité et uniquement avec les mobiles les plus élevés pour le bien-être du monde, il constituait un mal parce qu'il représentait la mauvaise manière d'atteindre de justes fins, parce qu'il s'écartait du droit chemin, du plan divin.
Il est vrai qu'Ève avait trouvé Cano plaisant à regarder, et qu'elle comprenait tout ce que son séducteur lui promettait au moyen « d'une connaissance nouvelle et accrue des affaires humaines et d'une compréhension de la nature adamique ».
Cette nuit-là, dans le Jardin, je parlai au père et à la mère de la race violette comme cela devenait mon devoir en ces tristes circonstances. J'écoutai entièrement le récit de tout ce qui avait conduit Mère Ève à commettre la faute et je leur donnai à tous deux des avis et des conseils au sujet de la situation immédiate. Certains furent suivis, d'autres dédaignés. Cet entretien est décrit dans vos annales comme « le Seigneur Dieu appelant Adam et Ève dans le Jardin et leur demandant: Où êtes-vous? (3) » Les générations ultérieures avaient pour habitude d'attribuer directement à une intervention personnelle des Dieux tout ce qui était inhabituel ou extraordinaire.
| (1) Genèse II-17. |
| (2) Genèse III-4. |
| (3) Genèse III-9. |
5. -- LES RÉPERCUSSIONS DE LA FAUTE
La désillusion d'Ève fut vraiment pathétique. Adam discerna toute la malheureuse conjoncture. Malgré son abattement et son coeur brisé, il ne manifesta que de la pitié et de la sympathie pour sa compagne égarée.
Le lendemain du faux-pas d'Ève, Adam, au désespoir d'avoir compris son échec, rechercha Laotta, la brillante femme Nodite qui dirigeait les écoles occidentales du Jardin, et commit avec préméditation la même folie qu'Ève. Mais ne nous y trompons pas: Adam ne fut pas séduit; il savait exactement ce qu'il faisait; il choisit délibérément de partager le sort d'Ève. Il aimait sa compagne d'une affection supra-humaine, et l'idée de la possibilité de veilles solitaires sans elle sur Urantia dépassait ce qu'il pouvait supporter.
Quand ils apprirent ce qui était arrivé à Ève, les habitants du Jardin devinrent furieux et ingouvernables. Ils déclarèrent la guerre aux Nodites installés dans le voisinage. Sortant par les portes d'Éden, ils se précipitèrent sur cette population non préparée et la détruisirent de fond en comble. Aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne furent épargnés, et Cano, le père de Caïn encore à naître périt également.
Lorsqu'il comprit clairement ce qui était arrivé, Serapatatia s'effondra dans la consternation; la crainte et le remords lui firent perdre la raison, et le lendemain il alla se noyer dans le grand fleuve.
Les enfants d'Adam cherchèrent à réconforter leur mère affolée tandis que leur père errait seul pendant trente jours. A la fin de ce délai le jugement s'affirma; Adam revint à son foyer et commença à faire des plans pour leur future ligne de conduite.
Les conséquences des folies des parents malavisés sont bien souvent partagées par leurs enfants innocents. Les nobles et intègres fils et filles d'Adam et d'Ève étaient accablés par l'inexplicable tristesse due à l'incroyable tragédie dans laquelle ils avaient été si soudainement et si brutalement précipités. Cinquante ans plus tard, les aînés de ces enfants ne s'étaient pas encore remis du chagrin et de la douleur de ces jours tragiques, et spécialement de la terreur éprouvée pendant la période de trente jours où leur père avait déserté le foyer tandis que leur mère éplorée ignorait complètement son sort et l'endroit où il se trouvait.
Ces mêmes trente jours furent pour Ève comme de longues années de chagrin et de souffrance. Cette noble âme ne se remit jamais complètement de cette période atroce de douleur mentale et de tristesse spirituelle. Nul aspect de leurs privations et de leurs tribulations ultérieures ne peut même se comparer, dans la mémoire d'Ève, à ces terribles journées et à ces affreuses nuits de solitude et d'intolérable incertitude. Elle apprit le suicide de Sérapatatia sans savoir si son compagnon s'était tué de désespoir ou avait été enlevé de la terre en punition de la faute qu'elle avait commise. Lorsqu'Adam revint, Ève éprouva une joie et une reconnaissance qui ne furent jamais effacées par le dur service de leur longue et difficile association de vie.
Le temps passait, mais Adam ne fut certain de la nature de leur infraction que soixante-dix jours après la faute d'Ève, quand les syndics Melchizédeks revinrent sur Urantia et assumèrent la juridiction sur les affaires du monde. Alors il sut qu'Ève et lui avaient échoué.
Mais bien d'autres ennuis se préparaient. La nouvelle de l'anéantissement de la colonie nodite proche d'Éden ne tarda pas à être connue des tribus de Sérapatatia dans le nord, et une grande armée s'assembla pour marcher sur le Jardin. Ce fut le commencement d'une longue guerre acharnée entre les Adamites et les Nodites, car les hostilités durèrent bien après qu'Adam et ses partisans eussent émigré vers le second jardin dans la vallée de l'Euphrate. Il y eut « une inimitié intense et prolongée entre cet homme et la femme, entre la semence de l'un et la semence de l'autre » (1).
(1) Genèse III-15.
6. -- ADAM ET ÈVE QUITTENT LE JARDIN
Lorsqu'Adam apprit que les Nodites étaient en marche, il demanda conseil aux Melchizédeks, mais ceux-ci refusèrent de lui donner un avis. Ils se bornèrent à lui dire d'agir au mieux à son idée et lui promirent leur coopération amicale, dans toute la mesure du possible, dans la ligne de conduite qu'il aurait choisie. Les Melchizédeks avaient reçu l'interdiction de s'immiscer dans les plans personnels d'Adam et d'Ève.
Adam savait que lui et Ève avaient échoué; la présence des syndics Melchizédeks le lui annonçait; mais il ne savait encore rien du statut personnel de son ménage ni de son sort futur. Il tint pendant toute la nuit une conférence avec douze cents partisans loyaux qui s'engagèrent à suivre, leur chef. Le lendemain à midi, ces pèlerins s'en allèrent d'Éden à la recherche de nouvelles demeures. Adam n'aimait pas la guerre et choisit en conséquence d'abandonner sans opposition le premier jardin aux Nodites.
La caravane édénique fut arrêtée le troisième jour de sa sortie du Jardin par les transports séraphiques arrivant de Jérusem Pour la première fois, Adam et Ève furent renseignés sur ce qu'allait être le sort de leurs enfants. Tandis que les transporteurs se tenaient prêts, les enfants qui étaient arrivés à l'âge du choix (vingt ans) reçurent l'option de rester sur Urantia avec leurs parents ou de devenir pupilles des Très Hauts de Norlatiadek. Les deux tiers choisirent d'aller sur Édentia; environ un tiers décida de rester avec leurs parents. Tous les enfants qui n'étaient pas d'âge à choisir furent emmenés sur Édentia. Nul n'aurait pu assister à la pénible séparation du Fils et de la Fille Matériels d'avec leurs enfants sans comprendre clairement que la voie des transgresseurs est rude (1). Ces descendants d'Adam et d'Ève sont actuellement sur Édentia et nous ignorons ce que l'on fera d'eux.
Ce fut une bien triste caravane qui se prépara à continuer son voyage. Rien n'aurait pu être plus tragique! Être venus sur un monde avec tant d'espoirs, avoir été accueillis sous d'aussi heureux auspices, et puis quitter Éden dans la disgrâce, et encore perdre les trois quarts de leurs enfants avant même d'avoir trouvé une nouvelle résidence!
(1) Cf. Proverbes XIV-12.
7. -- LA DÉGRADATION D'ADAM ET D'ÈVE
Ce fut pendant un arrêt de la caravane édénique qu'Adam et Ève furent renseignés sur la nature de leur transgression et informés du sort qui les attendait. Gabriel apparut pour prononcer le jugement, et voici le verdict: «L'Adam et l'Ève Planétaires d'Urantia sont jugés en faute; ils ont violé le pacte de leur mission de confiance comme chefs de ce monde habité ».
Abattus par leur sentiment de culpabilité, Adam et Ève furent cependant grandement réconfortés par l'annonce que leurs juges sur Salvington les avaient absous de toute accusation d'avoir « outragé le gouvernement de l'univers ». Ils n'avaient pas été jugés coupables de rébellion.
Le Fils et la Fille édénique furent informés qu'ils s'étaient abaissés eux-mêmes au statut des mortels du royaume et qu'il leur fallait désormais se conduire comme un homme et une femme d'Urantia en envisageant l'avenir des races du monde comme le leur.
Longtemps avant qu'Adam et Ève eussent quitté Jérusem, leurs instructeurs leur avaient pleinement expliqué les conséquences de tout manquement vital aux plans divins. Je les avais personnellement prévenus maintes et maintes fois que la réduction au statut de chair mortelle serait le résultat certain, la punition sûre, qui accompagnerait infailliblement une carence dans l'exécution de leur mission planétaire. Mais il est essentiel d'avoir certaines notions du statut d'immortalité de l'ordre matériel de filiation pour comprendre clairement les conséquences entraînées par la faute d'Adam et d'Ève.
1. Adam et Ève, comme leurs semblables de Jérusem, maintenaient leur statut d'immortalité par association intellectuelle avec le circuit de gravité mentale de l'Esprit. Quand ce soutien vital est rompu par disjonction mentale, alors, quel que soit le niveau spirituel de l'existence de la créature, le statut d'immortalité est perdu. Le statut mortel suivi de la décomposition physique fut la conséquence inévitable du manquement intellectuel d'Adam et d'Ève.
2. Le Fils et la Fille Matériels d'Urantia étaient personnalisés dans la similitude de la chair mortelle de ce monde; ils dépendaient donc d'un double système circulatoire, le premier dérivé de leur nature physique, et le second de la super-énergie accumulée dans le fruit de l'arbre de vie. L'archange conservateur de l'arbre avait toujours averti Adam et Ève qu'un manquement à la confiance culminerait dans une dégradation de statut; l'accès à cette source d'énergie leur fut refusé à la suite de leur faute.
Caligastia avait réussi à prendre Adam et Ève au piège; mais n'avait pas réalisé son dessein à les entraîner dans une rébellion ouverte contre le gouvernement de l'univers. Ce qu'ils avaient fait était réellement mal, mais jamais ils ne furent coupables d'avoir outragé la vérité , ni de s'être engagés dans une rébellion contre la juste autorité du Père Universel et de son Fils Créateur.
8. -- LA PRÉTENDUE CHUTE DE L'HOMME
Adam et Ève déchurent de leur état supérieur de filiation matérielle jusqu'à l'humble statut des hommes mortels, mais ce ne fut pas la chute de l'homme. Malgré les conséquences immédiates de la faute adamique, la race humaine fut élevée. Bien que le plan divin du don de la race violette aux peuples d'Urantia ait avorté, les races mortelles ont tiré un immense profit de la contribution limitée qu'Adam et sa descendance apportèrent aux races d'Urantia.
Il n'y a as eu de « chute de l'homme ». L'histoire de la race humaine est une évolution progressive, et l'effusion adamique a laissé les peuples du monde grandement améliorés par rapport à leur condition biologique antérieure. Les lignées supérieures d'Urantia contiennent maintenant des facteurs héréditaires dérivés de quatre sources séparées: Andonite, Sangik, Nodite, et Adamique.
Adam ne doit pas être considéré comme une source de malédiction pour la race humaine. Certes il échoua dans l'exécution du plan divin, il transgressa son pacte avec la Déité; son statut de créature et celui de sa compagne furent abaissés, mais nonobstant tout cela, leur contribution à la race humaine a beaucoup fait progresser la civilisation sur Urantia.
En estimant les résultats de la mission adamique sur votre monde, la justice exige que l'on reconnaisse la condition de la planète. Adam fut confronté par une tâche presque désespérée lorsqu'il fut transporté avec sa belle compagne de Jérusem sur ce monde obscur et tourmenté. Pourtant, s'ils avaient suivi les conseils des Melchizédeks et de leurs associés, et s'ils avaient été plus patients, ils auraient fini par réussir. Mais Ève écouta la propagande insidieuse pour la liberté personnelle et la liberté d'agir sur la planète. Elle fut conduite à faire une expérience avec son plasma vital de l'ordre matériel de filiation, en ce sens qu'elle permit à ce vivant dépôt de confiance de se mêler à celui d'un ordre qui était alors mixte; ce dernier était celui du modèle originel des Porteurs de Vie et avait été combiné antérieurement avec celui des êtres reproducteurs attachés à l'état-major du Prince Planétaire.
Au cours de toute votre ascension au Paradis, vous ne gagnerez jamais rien en essayant impatiemment de vous dérober au divan plan établi, au moyen de raccourcis, d'inventions personnelles, ou d'autres expédients pour améliorer le chemin conduisant à la perfection éternelle.
Somme toute, il n'y eut probablement jamais dans Nébadon un avortement de sagesse plus décourageant, mais il n'est pas surprenant que ces faux-pas se produisent dans les affaires des univers évolutionnaires. Nous faisons partie d'un univers gigantesque, et il n'y a rien d'étrange à ce que tout ne se passe pas à la perfection. Notre univers n'a pas été créé parfait; la perfection est notre but éternel et non notre origine.
Si l'univers était mécanique, si la Grande Source-Centre Première n'était qu'une force et non aussi une personnalité, si toute la création était un immense agrégat de matière physique dominé par des lois précises caractérisées par des actions énergétiques invariables, alors la perfection pourrait prévaloir, même sans que le statut de l'univers soit parachevé. Il n'y aurait nul désaccord, nulle friction. Mais nous vivons dans un univers de perfection et d'imperfection relatives, et nous nous réjouissons que des désaccords et des malentendus y soient possibles car ils apportent la preuve de l'existence et des actes de la personnalité dans l'univers. Si notre univers est une existence dominée par la personnalité, alors vous pouvez être assurés que la survie, le progrès, et l'aboutissement de la personnalité sont possibles; nous pouvons avoir confiance dans la croissance, l'expérience, et l'aventure de la personnalité. Combien l'univers est glorieux parce qu'il est personnel et progressif, et non simplement mécanique ou même passivement parfait!
[Présenté par Solonia, " la voix séraphique dans le Jardin"]